80’000 jeunes annoncés à la rencontre de Paris

France: La communauté oecuménique de Taizé, lieu de réconciliation depuis 50 ans

Jean-Claude Noyé, correspondant de l’APIC à Paris

Paris, 10 novembre 2002 (APIC) Lieu d’Eglise prophétique, la communauté oecuménique de Taizé aide depuis cinquante ans les jeunes du monde entier à découvrir un sens à leur vie et à devenir porteurs de paix et de réconciliation. Pour eux, elle anime un «pèlerinage de confiance sur la terre» dont le temps fort est une rencontre annuelle européenne. Cette année, ils seront quatre vingt mille du 28 décembre au 1er janvier à Paris. Les explications de frère Emile.

Un vaste local prêté par la municipalité de Paris, au 16, rue des Fillettes, dans le 18° arrondissement de Paris. Depuis plus de deux mois, une vingtaine de frères de la communauté oecuménique de Taizé et une quarantaine de jeunes s’affairent là, dans une ambiance à la fois bonhomme et fervente. Il y a des Tchèques, des Américains (du nord et du sud), des Allemands, des Scandinaves, etc.. Objectif : préparer la prochaine rencontre européenne de Taizé, programmée du 28 décembre au 1er janvier dans la capitale française. Au mur, une grande carte de l’Ile-de-France sur laqueIle sont plantés 1847 petits drapeaux correspondant à autant de paroisses catholiques, orthodoxes ou protestantes. «Nous nous appuyons sur ces paroisses pour solutionner le casse-tête de l’hébergement des 80’000 jeunes attendus. Sous le slogan ’2m2 au chaud : un jeune accueilli’, nous recherchons des volontaires pour héberger ces pèlerins de toutes nationalités. Beaucoup de personnes âgées répondent volontiers oui, car elles sont sensibles à leur enthousiasme communicatif», explique frère Emile, chargé des relations avec la presse à Taizé.

Toujours plus d’orthodoxes

Et de souligner l’ouverture oecuménique de cette manifestation car de plus en plus d’orthodoxes des pays de l’Est y participent: Bulgares, Roumains, Ukrainiens, Serbes, et autres. «Les orthodoxes ont vite compris que nous ne cherchons nullement à capter ces jeunes. Au contraire, nous les renvoyons toujours vers leurs Eglises et leurs paroisses d’appartenance. Le patriarche de Moscou nous accorde une pleine confiance et il nous envoie chaque année un message lors de ces rencontres européennes. A l’occasion du millénaire de l’évangélisation de la Russie, nous lui avons donné un million de Nouveaux Testaments et nous avons renouvelé cette opération en Roumanie», souligne frère Emile. L’engagement oecuménique de longue date finit donc par payer. Tout comme le service précieux rendu à des jeunes déboussolés en quête de sens. C’est ainsi que des hommes et des femmes mûrs n’ont pas oublié leur passage à Taizé, deux ou trois dizaines d’années plus tôt, et, fait valoir frère Emile, «ils nous aident volontiers aujourd’hui à finaliser ces rencontres et stimuler les jeunes pour qu’ils vivent à leur tour quelque chose de fort.»

Qu’en est-il de la recherche de ces jeunes? «Beaucoup d’entre eux nous disent: Ici je me sens chez moi. Comme si, par la prière commune et individuelle, ils avaient découvert et rejoint leur moi profond, jusque-là endormi. Comme si quelque chose en eux avait été touché, de l’ordre non pas du faire mais du don qu’on accueille. Ils entrevoient qu’en entrant en relation avec le Christ, ils ne sont plus orphelins. Sortir de l’isolement, retrouver confiance, découvrir qu’il y a une place pour eux dans la société et qu’ils peuvent à leur tour devenir porteurs de réconciliation, c’est vraiment leur attente.»

Textes et chants traduits en 23 langues

Comment la communauté de Taizé favorise-t-elle cette (re)découverte du goût de vivre? Pas de recette magique sinon une invitation à se mettre à l’écoute du Christ à travers la belle fraternité des grandes rencontres et des célébrations et prières communes, en paroisse ou dans un vaste hall du parc des expositions de la Porte de Versailles habillé de neuf pour la circonstance dans un décor qui rappellera peu ou prou celui de l’église de Taizé. Rythmes lents des chants réduits à quelques paroles que l’on répète longuement pour mieux s’en imprégner. Place accordée au silence et à la parole biblique. Les textes du jour et chants sont traduits en 23 langues ! La formule, alliant simplicité et beauté, invite spontanément les jeunes à s’intérioriser, elle continue de frapper les esprits et de convertir les coeurs.

Au programme encore de la rencontre de Paris: des échanges avec des chrétiens engagés concrètement pour plus de justice dans la cité. «Nous demandons aux paroissiens de partager avec les jeunes des signes d’espérance et de solidarité dans leur contexte. Nous voulons les aider à sortir d’un perfectionnisme paralysant, auquel la société les pousse. Il ne s’agit plus pour eux d’être brillants mais simplement sincères dans l’écoute et l’échange avec les autres.», conclut frère Emile. (apic/jcn)

10 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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