Contribution 1996 inférieure de 20%
France: La générosité missionnaire des Français en recul
Paris, 5 juin 1997 (APIC) Si la France a été au siècle dernier avec Pauline Jaricot et l’Oeuvre pour la propagation de la foi, le berceau de la coopération missionnaire, elle peine un peu aujourd’hui à se montrer aussi généreuse, admet le Père Emmanuel Lafont secrétaire du Comité épiscopal de la coopération missionnaire. Diverses manifestations sont prévues au cours de l’année pour rendre attentifs les catholiques à leur devoir missionnaire.
De retour de Rome où s’est tenu récemment le Conseil mondial des oeuvres pontificales missionnaires (OPM), le Père Lafont a relevé que les directeurs des OPM du monde entier ont du mal à comprendre la pauvreté et l’Eglise en France et s’étonnent qu’elle ne soit pas plus généreuse. «Ils sont admiratifs sur la France d’hier, avec ses Pauline Jaricot et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, mais dubitatifs sur la France d’aujourd’hui.»
Force est de constater que la courbe des recettes ne suit plus aujourd’hui celles des demandes. La contribution 1996 de la France est de 20% inférieure à celle de l’année précédente.
Les OPM sont présentes aujourd’hui dans 143 pays. Chacun d’eux participe au Fonds missionnaire mondial qui redistribue l’argent collecté à quelque 3’200 diocèses. La mission est aujourd’hui devenue multilatérale. Toutes les Eglises, même pauvres, envoient et reçoivent des missionnaires. Après plusieurs mois d’enquête, les OPM publieront en septembre des cartes et des chiffres de cet échange missionnaire mondial.
Ce fonds doit faire face à des demandes croissantes émanant d’une Eglise en expansion. Si les OPM apportaient une aide financière à 8’500 séminaristes en 1977, elles en soutiennent aujourd’hui 28’000. Et d’autres demandes pour la formation des catéchistes ou la reconstruction d’églises en Bosnie-Herzégovine, au Rwanda ou au Zaïre affluent continuellement. D’où l’importance de sensibiliser les catholiques à cet aspect de la solidarité.
50 Journées inter-Eglises
Une cinquantaine de diocèses français organiseront ainsi durant l’été des «Journées inter-Eglises» permettant de rencontrer les missionnaires et les coopérants en congé. A l’occasion du centenaire de la mort de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions, un grand nombre de ces journées seront organisées en collaboration avec des carmels. Cette collaboration entre communautés monastiques et équipes de coopération missionnaires entend révéler un visage important de la mission : l’ouverture à la mission universelle par la prière, note le Père Lafont.
Les Journées inter-Eglises seront aussi souvent une dernière étape de préparation à la célébration des Journées mondiales de la Jeunesse en août autour du pape à Paris.
Semaine missionnaire mondiale
La Semaine missionnaire mondiale qui sera célébrée cette année du 12 au 19 octobre est un autre moyen important de sensibilisation. Le thème retenu cette année «Jubilez tous les peuples, Jésus-Christ nous libère» est évidemment en lien avec la préparation du Grand Jubilé de l’an 2000. «L’occasion de nous interroger sur notre façon de partager ce qui ne nous appartient pas en propre», conclut le Père Lafont. (apic/jcn/mp)



