Et les tsiganes ? demandent leurs aumôniers

France : La repentance des évêques de France face à l’attitude de Vichy envers les juifs :

Paris, 10 octobre 1997 (APIC) Au lendemain de l’acte de repentance de l’Eglise de France à propos de l’attitude de l’épiscopat français face aux déportations des juifs durant la seconde guerre mondiale, l’aumônerie nationale des gitans est «profondément attristée»: Pourquoi avoir gardé le silence sur le sort des tsiganes ? demande-t-elle dans une lettre adressée aux seize évêques cosignataires, présents à Drancy.

L’aumônerie, née précisément dans les camps d’internement et qui regroupe aujourd’hui 150 prêtres, religieuses et laïcs, s’étonne de ne trouver dans la déclaration «aucune mention de l’internement et de la déportation d’un grand nombre de Tsiganes sous le même régime et avec le même silence de la part de l’Eglise». Alors qu’»une phrase, un mot» auraient suffi pour signifier que «ce peuple n’était pas, encore une fois de plus, ignoré, exclu, et que la volonté d’extermination qu’il a subie par ce régime, ses souffrances étaient connues».

Le P. Dujardin, un des principaux auteurs du texte de repentance, répond que la déclaration ne portait pas sur toutes les personnes qui ont passé par Drancy, sans quoi il aurait fallu mentionner aussi les communistes, les premiers à y avoir été internés. «Notre point de départ est plus précis, explique-t-il: reconnaître le silence de l’Eglise face à la législation anti-juive et, plus globalement, réagir contre l’anti-judaïsme chrétien.»

Les mesures anti-juives et anti-tsiganes ne sont pas du même ordre, rappelle de son côté l’historien Denis Pechanski: Vichy a poursuivi pour les Tsiganes la législation de la IIIe République, et les camps d’internement tsiganes étaient une initiative des autorités nazies. «Cela dit, relève l’historien, l’internement massif des tsiganes – 3.000 d’entre eux ont connu les camps français – s’est déroulé dans des conditions dramatiques d’abandon. Il y a indéniablement crime contre l’humanité.» (apic/cip/cx)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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