Il craint une mise en danger de la liberté religieuse

France: Le cardinal Lustiger condamne une nouvelle fois la loi sur les signes religieux

Rome, 29 février 2004 (Apic) Le cardinal Jean-Marie Lustiger, est revenu dans la presse italienne sur la laïcité à la française, en soulignant sa crainte que la loi limite la liberté religieuse. Les évêques français des quinze provinces ecclésiastiques ont mis un terme le 27 février à leur visite quinquennale «ad limina».

«En voulant affronter les excès de l’islam» et «s’opposer aux courants politique-religieux fondamentalistes», a-t-il expliqué au quotidien «Avvenire» en date du 28 février, «cette loi risque en réalité de limiter la liberté de toutes les religions. C’est la raison pour laquelle les évêques ont exprimé leur opposition».

L’application de cette loi sera très difficile, a soutenu l’archevêque de Paris. «Ce débat a occupé l’opinion publique française depuis plusieurs mois et a rallumé des critiques violentes et injustes contre toutes les religions, en particulier contre le catholicisme». Pour lui, cette tendance n’est pas sans rapport avec l’absence de référence explicite aux racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution européenne.

A propos de la crise des vocations

Interrogé ensuite sur les discours adressés par le pape aux évêques français durant leur visite «ad limina», et en particulier sur la chute des vocations sacerdotales, le cardinal Jean-Marie Lustiger a souligné que «la crise des vocations, relevée à juste titre par le pape, date d’il y a plus d’un demi siècle. Elle correspond à la disparition de la France rurale, d’où provenait la majorité des vocations. Et la France commence tout juste à mesurer ces bouleversements».

«Nous vivons aujourd’hui, a-t-il ajouté, une période très difficile dans la mesure où, comme cela était prévisible, le nombre de prêtre est aujourd’hui 10 fois inférieur à ce qu’il était il y a 50 ans. Parmi les nouvelles générations, les vocations viennent de l’université et du monde du travail. Elles sont moins nombreuses, mais c’est sur elles et sur les laïcs que repose la mission de faire exister un nouveau type de prêtres: des hommes qui, pour suivre le Christ, renoncent à l’argent, à la profession, au mariage et se donnent entièrement à l’annonce de l’Evangile». (apic/imedia/pr)

29 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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