Pour un statut juridique de l’embryon
France : Le cardinal Vingt-Trois veut un statut pour le foetus
Rennes, 18 février 2008 (Apic) Le cardinal André Vingt-Trois demande un statut pour le foetus.
Dans une interview accordée à « Ouest-France », publiée sur le site du quotidien français, l’archevêque de Paris, relève que l’Église catholique s’engagera dans le débat sur la bioéthique. Une soixantaine d’évêques aborderont cet aspect du 18 au 20 février à Rennes au cours d’une session sur « Les débuts de la vie humaine : aspects scientifique, éthique, juridique pour un discernement pastoral ». Une session organisée par la Commission doctrinale des évêques de France.
Pour le cardinal, les enjeux de la bioéthique touchent à l’ensemble de l’existence humaine, depuis la conception de l’enfant jusqu’à la fin de sa vie terrestre. Cela transcende les croyances des différentes religions. « Tous les hommes doivent y réfléchir car il s’agit de l’avenir même de l’existence humaine ». Aux yeux de l’archevêque de Paris, le point fondamental sur lequel doit reposer le débat éthique est le respect absolu de la vie humaine, en raison de sa dignité intrinsèque. « Par exemple, le législateur a voulu que le corps humain ne soit pas commercialisable : on peut acheter du bifteck de cheval, pas de l’homme. Le législateur a ainsi exprimé une conviction quant à la dignité humaine qui dépasse chacun des éléments du corps. Quand il y a transplantation d’organes, la question est résolue par le don et la gratuité. C’est essentiel. Nous ne devons jamais être dans un cadre marchand ».
A propos des cellules souches de l’embryon, le cardinal estime qu’on fait rêver le grand public en lui promettant la guérison des maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Après des années de recherche, dit-il, il n’y a pour l’instant aucun progrès notable, contrairement aux travaux sur les cellules souches adultes. « L’alibi thérapeutique ne tient pas. On assiste en revanche à une course aux brevets entre grands laboratoires ».
Aux yeux du prélat, le prélèvement de cellules sans destruction de l’embryon n’est pas solution. « C’est une lointaine perspective. Une question est centrale : que sommes-nous prêts à sacrifier ? Est-ce que cela vaut la peine de sacrifier le respect de la dignité humaine, même pour des progrès médicaux ? »
La protection de l’embryon passe-t-elle par un statut juridique ? « Les récentes péripéties judiciaires nous acheminent vers cette solution », assure le cardinal. « Quand la Cour de cassation décide de légitimer l’inscription d’un foetus comme membre de la famille, cela signifie bien que ce foetus a un statut. Ce qui s’est produit depuis une cinquantaine d’années, c’est au contraire une transformation rampante du statut juridique, de fait, du foetus et de l’embryon. On les a chosifiés ». Pour le cardinal Vingt-trois, la position de l’Église est que l’on doit agir comme si l’embryon était une personne. « On protège les espèces animales menacées, on doit protéger l’homme ! » (apic/of/pr)



