Nicolas Sarkozy « veut poursuivre le débat sur la laïcité »
France : Le président français recevra jeudi soir les voeux des représentants des religions
Paris, 17 janvier 2008 (Apic) Le président français Nicolas Sarkozy recevra jeudi 17 janvier au soir les voeux des représentants des religions. Cette cérémonie survient dans un contexte de polémique sur le sens de la laïcité, indique le quotidien catholique français « La Croix ».
Les religions sont en effet attendues en fin d’après-midi au palais de l’Élysée pour les voeux de Nouvel An. La cérémonie est de facture traditionnelle, mais deux nouveautés donnent sa saveur au millésime 2008. Un détail d’abord, significatif, écrit « La Croix » : le palais présidentiel ne parle plus, pour ce rendez-vous, « d’autorités religieuses » mais de « forces religieuses ». Surtout, un contexte polémique préside à ce mini-sommet entre la République et les religions.
Polémique et peut-être plus. Pour le Grand Orient de France, « les anti-Lumières sont en train de prendre leur revanche ». La principale obédience maçonnique du pays avait dénoncé, le soir même du discours au Latran, « un inquiétant retour du religieux ». Et le grand maître du Grand Orient, Jean-Michel Quillardet – reçu le 8 janvier à sa demande par le président – reconnaît, depuis, la montée d’une certaine « radicalisation » dans ses rangs.
Émile Poulat, observateur historique des questions de laïcité, s’inquiéter : « Comment ne pas raviver la «guerre des deux France» », se demande l’historien. Mercredi 16 janvier, le Comité national d’action laïque (Cnal), qui regroupe les plus puissantes fédérations de l’enseignement public, a souhaité par communiqué une « année laïque au président de la République », lui rappelant que « les seules valeurs qui doivent préoccuper les acteurs de la République sont les valeurs républicaines ».
Du côté catholique, écrit le quotidien, et au-delà des options politiques diverses de ces milieux, le discours du Latran a été plutôt bien apprécié. La « laïcité positive », entendue comme une nouvelle culture, décrispée et constructive, entre État et Église est de l’avis de « La Croix » « un souhait ardent pour une majorité de catholiques après un siècle de combats acharnés dont le centenaire de la loi de 1905 a rappelé la gravité. Une loi, au passage, dont l’Église apprécie l’équilibre et qu’elle ne veut pas voir réviser ».
Mercredi après-midi, à l’Assemblée nationale, la ministre Michèle Alliot-Marie reconnaissait, en réponse à une question de Jean Glavany (PS), une divergence sur le sens même de la laïcité : « Nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité », expliquait la ministre de l’intérieur, contre « la laïcité négative, une attitude sectaire ». (apic/cx/jmg/pr)



