France: Le Secours catholique dénonce les exactions de la guérilla colombienne des FARC
Attaque contre des «communautés de paix»
Bogota, 7 avril 2000 (APIC) Le Secours catholique à Paris dénonce les exactions de la guérilla colombienne des FARC, qui ont attaqué des villages de l’Uraba où travaille le Centre de recherche et d’éducation populaire (CINEP), une ONG partenaire de l’œuvre d’entraide française. Selon le CINEP, la guérilla a tué le 25 mars à Curbarado 22 policiers et 6 civils, décapitant plusieurs cadavres et brûlant les autres avec de l’essence. Les FARC s’en prennent également aux «communautés de paix».
Les FARC ont également assassinés au campement de Villahermosa deux leaders des communautés de paix (CP), qui refusent de prendre part au conflit opposant guérilleros communistes et paramilitaires d’extrême-droite.
«Une dynamique de mort»
A l’instar du CINEP, qui rapporte également les menaces contre la communauté de paix implantée à Curbarado, le diocèse d’Apartado dénonce l’attaque des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) contre la communauté de paix (CP) de Domingodo, dans le département d’Uraba. Les FARC ont tué un homme et séquestrant plusieurs personnes.
Ce n’est que le dernier exemple d’une longue série de crimes commis par la guérilla au cours des deux dernières semaines du mois de mars contre leaders et membres des CP, des communautés autogérées ayant choisi de ne pas prendre part au conflit armé qui ensanglante le pays, en refusant toute forme de violence. Le Secours catholique, très engagé aux côtés des CP, déplore le développement de la «dynamique de mort» en Uraba et le durcissement de la guérilla.
Selon le diocèse d’Apartado, les FARC se servent des gens comme «boucliers humains»
Selon les responsables du diocèse, le 14 mars, les guérilleros ont assassiné un homme de la communauté de Cano Seco et empêché les paysans de circuler librement dans la zone du fleuve Salaqui pendant quatre jours; le 16 mars, le coordinateur du campement de Rio Quiparado, Jesus Palacios, et un autre civil ont été tués à Villahermosa; le 23 mars, les FARC ont saccagé la communauté de Montano; le 25 mars, ils ont pris possession de la communauté de Curbarado, en utilisant ses membres comme boucliers humains dans l’offensive lancée contre l’armée régulière à Vigia del Fuerte, offensive qui a fait plus de trente morts.
«Par ces actions, peut-on lire dans un communiqué diffusé par le diocèse d’Apartado, les FARC démontrent qu’elles veulent occuper les territoires des communautés de paix, en violant brutalement les droits fondamentaux de la population civile et en ne tenant pas leur promesse de les respecter. Par cette attitude, ils mettent en danger la vie des paysans ainsi que leur désir de former les communautés de paix pour chercher une solution au conflit interne. C’est pourquoi nous demandons que soient soutenus d’urgence les efforts des ces personnes qui veulent élaborer un projet de vie et d’espérance. Les FARC ne peuvent utiliser les communautés de paix comme boucliers humains.» (apic/com/cip/misna/be)



