De tels centres, traités dans l’urgence, posent problèmes
France : Les aumôniers de prisons réagissent au projet de loi sur les « centres de rétention »
Paris, 10 janvier 2008 (Apic) Les aumôniers de prison en France réagissent au projet de loi instituant des «centres de rétention», adopté en première lecture par l’Assemblée nationale dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon eux, ce projet de loi qui institue des centres fermés pour les détenus jugés dangereux à la fin de leur peine «pose problème».
Dans un communiqué publié jeudi, signé par les responsables nationaux des aumôneries de prison, des communautés juive, protestante, musulmane et catholique, les signataires relèvent que la rencontre régulière des personnes détenues « nous rend bien conscients de la gravité des problèmes que soulève le projet de loi relative à la rétention de sûreté. Le manque d’un suivi sérieux, indispensable aux auteurs d’actes graves à l’encontre d’enfants, explique sans doute pour une grande part que ces personnes peuvent représenter un risque réel de récidive à la fin de leur peine », conviennent cependant les aumôniers.
Ces derniers se disent convaincus de la nécessité d’entourer leur remise en liberté « de précautions adaptées qui limitent ce risque ». Pour eux, sanctionner encore des coupables qui ont fini de payer leur dette à la société pose problème.
L’enjeu de la question est à leurs yeux trop important pour qu’elle soit traitée dans l’urgence, en réponse à l’émotion suscitée par un drame malheureux, écrivent-ils. Et de poser la question : « Si de nombreuses années de prison n’ont pas changé la personnalité d’un coupable, a-t-on pris toutes les dispositions possibles pour qu’il ne récidive pas ? », avant d’émettre le souhait que la prochaine loi pénitentiaire inclue dans sa partie concernant le parcours d’exécution de peine (PEP) la nécessité et la possibilité effective pour chaque condamné de traiter ses problèmes d’ordre psychologique et/ou psychiatrique avec des professionnels de la santé ».
Le communiqué des aumôniers de prison est signé par «Pierre-Yves Bauer (juif), Jean-Marc Dupeux, (protestant), Moulay el Hassan El Alaoui Talibi, (musulman), Jean-Louis Reymondier, (catholique). (apic/com/pr)



