L’Etat peine à financer l’entretien des monuments historiques
France: Les cathédrales se détériorent selon une enquête du journal La Croix
Paris, 21 avril 2006 (Apic) Une enquête du journal catholique La Croix révèle que les cathédrales françaises se dégradent. Les crédits d’entretien alloués par l’Etat ont baissé de 12% entre 2002 et 2005. Plusieurs chantiers ont été fermés sans que les travaux aient été achevés.
Selon La Croix, plusieurs cathédrales françaises sont dans un état déplorable. L’enquête diffusée le 21 avril révèle que les échafaudages de la cathédrale de Meaux ont été démontés alors que les travaux de restauration de la tour nord sont en panne depuis une année. A la cathédrale de Strasbourg, le chantier des bas-côtés nord a été arrêté en février sans que les travaux aient été terminés. Et dans la cathédrale gothique Sainte Cécile d’Albi, la mise aux normes du système électrique et de détection d’incendie est suspendu depuis un an et demi. Pareillement, la mise aux normes électriques de la cathédrale de Nevers vient d’être à nouveau reportée et l’achèvement des vitraux d’Alberola stagne depuis 1999. Les interventions prévues sur les cathédrales d’Orléans et de Blois sont repoussées à fin 2006.
L’Etat s’explique
Le directeur régional des affaires culturelles de Poitou-Charentes admet que depuis deux ou trois ans, le rythme des interventions a ralenti. Il l’explique par le budget tendu qui dicte où agir en priorité. En Aquitaine par exemple, les travaux dans les cathédrales de Bayonne et de Bordeaux ont été jugés moins urgents qu’à Périgueux, où des éclats de pierre tombaient sur le trottoir.
Pour sa part, le Directeur de l’architecture et du patrimoine au ministère de la culture, Michel Clément, souligne la stabilité des crédits dépensés en faveur des monuments historiques depuis l’année 2000. Il a précisé que l’Etat est propriétaire de 86 cathédrales et consacre environ 36 millions d’euros par an à leur entretien. Il explique cependant que tous les chantiers ne peuvent pas être financés en même temps. Il a aussi rappelé que l’Etat français a alloué des fonds exceptionnels et engagé des chantiers après les dégâts causés par la tempête Lothar de 1999.
Philippe Richert, président de la mission sénatoriale sur le patrimoine, estime qu’il manque 100 millions d’euros par l’an afin d’éviter la dégradation des monuments du patrimoine. Cette pénurie financière a vu chuter le chiffre d’affaire des entreprises de restauration des monuments historiques. En 2005, le secteur a enregistré 700 pertes d’emplois et une baisse de 55% du nombre d’apprentis, relève La Croix. (apic/lacroix/thk)



