France: Les catholiques appelés à se mobiliser pour financer leur Eglise
Le «Denier de l’Eglise» et les offrandes, seule source de revenus
Paris, 16 février 2001 (APIC) Contrairement à certaines idées reçues, l’Eglise catholique en France ne roule pas sur l’or et ne vit pas de subventions de l’Etat ou du Vatican. La richesse immobilière de l’Eglise est «une pure mais tenace illusion», affirme le Comité permanent pour les affaires économiques de la Conférence des évêques de France à l’occasion du lancement de la campagne 2001 du «Denier de l’Eglise».
En 1999, le «Denier de l’Eglise» a rapporté quelque 1,13 milliard de francs. Ce montant reste stable depuis des années, car il accompagne la progression de l’indice du coût de la vie. 1’750’000 foyers ont donné au «Denier de l’Eglise», mais ce chiffre diminue d’environ 1% par an.
Les initiateurs de la campagne de récolte de fonds rappellent que l’Eglise de France ne reçoit pas d’argent pour son fonctionnement cultuel ni de la part de l’Etat – sauf, pour des raisons historiques, dans les diocèses de Moselle, d’Alsace et de Guyane – ni de la part du Vatican. Elle ne peut donc compter que sur les contributions des catholiques, qui sont l’unique source de revenus.
Outre le «Denier de l’Eglise», qui est une libre participation annuelle des catholiques du diocèse (le montant moyen par fidèle, en augmentation, est de 650 FF) , les autres recettes sont les quêtes du dimanche (la plupart restent propriété de la paroisse, notamment pour couvrir ses dépenses de chauffage, de personnels, d’entretien et ses activités), les offrandes de messes (dons lorsqu’une messe est célébrée à une intention particulière), le casuel (offrandes faites à l’occasion des baptêmes, mariages, enterrements). Les autres ressources sont constituées par des donations et des legs, les troncs et ventes de cierges, les kermesses et les manifestations de bienfaisance.
Des besoins croissants et des ressources stagnantes
Les catholiques de France sont une nouvelle fois, avec la campagne pour le «Denier de l’Eglise», rappelés à leur devoir de solidarité. Le «Denier de l’Eglise» ne suffit en effet pas à couvrir les seuls frais de personnel des 19’000 prêtres et 2’500 laïcs permanents, religieux et religieuses pour les services dont l’Eglise à la charge. Il faut encore compter, en outre, la formation des séminaristes.
Pour les comptables de l’Eglise de France, les résultats encourageants de la collecte du «Denier de l’Eglise» ne doivent pas masquer le fait que l’Eglise a plus que jamais besoin du soutien de tous les catholiques pour se donner les moyens de vivre et d’assurer sa mission. Rappelons que le traitement d’un prêtre et d’un évêque varie de 4’800 francs français à 6’000 FF mensuels nets, selon les diocèses. Ce qui est plutôt modeste, même si le logement est payé.
L’Eglise a besoin du soutien des fidèles catholiques, comme ces derniers ont besoin des services de leur paroisse dans divers moments de leur vie. La réalité financière de cet échange est importante parce qu’elle témoigne l’attachement mutuel entre le fidèle et son Eglise, soulignent les organisateurs de la campagne. Selon les évêques, cet attachement se manifeste en particulier au moment de la contribution volontaire des catholiques au financement de l’Eglise diocésaine. Le «Denier de l’Eglise» témoigne aussi de la vitalité et de la générosité de la communauté.
Sauf exception, les recettes du Denier ne suffisent pas à couvrir traitements, salaires et charges des prêtres et des permanents laïcs rémunérés. Pour équilibrer les finances du diocèse, les paroisses doivent donc y contribuer. Pour les responsables, la richesse immobilière de l’Eglise est une pure et tenace illusion. Le diocèse n’a le droit de posséder que les immeubles nécessaires à ses propres activités. Les églises et les bâtiments qui existaient avant 1905 – date de la Loi Combes sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat – sont propriété de la commune ou de l’Etat et tout ce qui a été construit après cette date est à la charge des paroisses et des diocèses.
Charges de l’Eglise en France
Chaque diocèse est autonome dans ses choix financiers, notamment en matière d’investissements. Bien qu’elle ne soit pas une entreprise avec des succursales et des filiales, l’Eglise transmet ses comptes régulièrement et chaque année aux préfectures, conformément aux règles légales. Le budget d’un diocèse moyen est de 20 à 40 millions de FF.
Au plan diocésain, le diocèse finance le traitements des prêtres et de certains laïcs et religieuses. En plus, le diocèse subventionne divers mouvements et services ecclésiaux (catéchèse, aumôneries, etc.). Il a souvent encore la charge de radios diocésaines et doit veiller à l’entretien des maisons diocésaines, des séminaires où sont formés les candidats au sacerdoce, des maisons de retraite des prêtres. Il participe aussi à l’entretien du patrimoine de certaines paroisses, au financement de centres paroissiaux dans les nouveaux quartiers, dont le prix moyen est de l’ordre de 20 millions de FF.
La paroisse finance ses activités paroissiales, loge ses prêtres, entretient son patrimoine, à part le gros œuvre, pour ce qui concerne les bâtiments construits avant 1905. Elle participe, pour environ 25% de ses ressources, aux frais du diocèse. Les mouvements et les services ont généralement des ressources propres (cotisations, dons, revenus d’activités), ou reçoivent parfois des subventions de fonctionnement.
Au plan national, le budget (25 millions de FF) de la Conférence épiscopale et de ses services, financés par une cotisation des diocèses et quelques dons et subventions, ne représente que 0,78% des quatre grandes ressources de l’Eglise (Denier de l’Eglise, quêtes, casuel et offrandes de messes). (apic/com/om/be)



