Avec une préférence marquée pour l’UMP et Villiers
France: Les catholiques pratiquants restent ancrés à droite
Paris, 21 mai 2009 (Apic) Selon un sondage Ifop pour « La Croix », les catholiques pratiquants placent les listes UMP largement en tête dans leur intention de vote pour les européennes
La pratique religieuse demeure une donnée incontournable de la vie politique française. À l’approche des élections européennes, le sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour La Croix vient confirmer cette tendance de fond.
Il éclaire aussi les mouvements de l’électorat catholique, avec une césure nette entre les catholiques pratiquants, ancrés à droite, et les catholiques non pratiquants dont le vote épouse assez fidèlement celui de l’ensemble des Français.
Parmi les électeurs se reconnaissant comme pratiquants (soit 14 % du total des électeurs), le tropisme du vote à droite ne faiblit pas. Voilà qui fait les affaires des listes UMP pour les élections européennes. Elles aimantent 42 % d’entre eux. Un score très largement supérieur à la moyenne nationale (26 %).
« Comme lors de la présidentielle de 2007, on enregistre une prime très forte pour le parti dominant à droite », note Jérôme Fourquet. Pour le directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, ce mouvement en d’autant plus marqué que les catholiques pratiquants « se trouvent davantage dans les catégories les plus âgées. Or c’est parmi les plus de 65 ans que l’UMP réalise ses meilleurs scores. »
Autre révélation: la droite de la droite est plus séduite par Villiers que par Le Pen. Selon La Croix», si l’UMP confirme sur ce point sa suprématie «déjà éclatante lors de la dernière présidentielle, le vote des catholiques pratiquants a toutefois enregistré des mouvements sensibles depuis deux ans. Surtout à la droite de la droite. Pour les européennes, en effet, cette partie de l’électorat accorde largement plus ces faveurs à Philippe de Villiers qu’à Jean-Marie Le Pen».
Les catholiques se «droitisent»
«Les catholiques se droitisent alors que Bayrou se recentre». C’est aussi vrai pour le PS, qui avec 16 % est loin de retrouver son score national (21,5 %), même s’il conserve ni plus ni moins que les intentions de vote mesurées en 2007 pour Ségolène Royal.
C’est également le lot de François Bayrou. En effet, le MoDem a beau être l’héritier de la démocratie chrétienne, il ne séduit guère plus chez les catholiques pratiquants (16 %) que dans l’ensemble du corps électoral (14 %). « C’est la conjonction d’un double mouvement, explique Jérôme Fourquet. L’électorat catholique vieillit et se droitise alors que François Bayrou se recentre et se gauchise. De plus, ses propos répétés sur la laïcité décontenance sans doute une bonne part de cet électorat. »
Si les catholiques pratiquants constituent incontestablement une catégorie spécifique, il en va tout autrement des catholiques non-pratiquants. Selon La «Croix», eux n’affichent au contraire plus guère de singularité politique. Dans la perspective des européennes, le vote à l’extrême gauche n’est nullement tabou parmi eux (13 % au total). (apic/cx/mc/pr)



