On ne peut attaquer tous les régimes qui déplaisent

France: Les évêques considèrent une guerre en Irak comme une défaite pour l’humanité

Paris, 11 février 2003 (APIC) La Conférence des évêques de France (CEF) redit son opposition à toute intervention militaire en Irak. Mener des guerres préventives contre tous les régimes qui nous déplaisent ou qui oppriment leur peuple, ce serait mettre le monde à feu et à sang, souligne son Conseil permanent dans une déclaration diffusée le 10 février.

Dans leur message, les évêques français soulignent le «très large consensus» de leurs concitoyens et des responsables de leur pays dans leur résolution à ne pas s’engager dans une telle guerre. Ils invitent tous les concernés à «poursuivre avec courage la recherche de voies pacifiques pour écarter du peuple irakien les malheurs qui l’accablent déjà et ceux qui le menacent».

La Conférence épiscopale estime qu’en cas de guerre, «le refus de participation de quelques pays occidentaux comme le nôtre serait très important pour éviter que l’affrontement ne soit présenté – notamment par les extrémistes – comme un choc de civilisations, voire de religions». Elle rappelle sa position déjà exprimée le 15 octobre 2002: «Le régime irakien, si condamnable soit-il pour ses violations des droits de l’homme à l’intérieur et du droit international à l’extérieur, constitue-t-il une menace urgente et immédiate, de celles qui mettent dans un cas évident de légitime défense? A cette question, aujourd’hui comme hier, nous répondons par la négative».

La guerre est toujours une défaite

«Avec toutes les Eglises chrétiennes qui, dans le monde entier, s’expriment ces jours-ci, et en profonde unité de pensée avec le pape Jean Paul II, qui multiplie des initiatives pour éviter la guerre», les évêques de France rappellent que la guerre «n’est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l’humanité». Pour eux, «le droit international, le dialogue loyal, la solidarité entre Etats, l’exercice si noble de la diplomatie, sont les moyens dignes de l’homme et des nations pour résoudre leurs différends.»

«Musulmans et chrétiens désirent servir Dieu, le Miséricordieux, le Pacifique. Ayons le courage de préparer la paix de demain au milieu des violences d’aujourd’hui», lancent encore les évêques français dans leur message.

L’appel est signé du président de la CEF, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, du vice-président, Mgr Georges Pontier, évêque de La Rochelle, du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, et de neuf autres archevêques et évêques membres du Conseil permanent. (apic/com/bb)

11 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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