Déclaration à propos du projet de Loi sur l’immigration

France:Les évêques contre l’imposition de tests génétiques pour vérifier les liens de parenté

Paris, 1er octobre 2007 (Apic) Les évêques catholiques français s’opposent à l’imposition de tests génétiques pour vérifier les liens de parenté pour les immigrés. «Il y aurait là le risque d’une grave dérive sur le sens de l’homme et la dignité de la famille», déclare la Conférence des évêques de France (CEF) dans un communiqué publié lundi 1er octobre. Les évêques français disent aussi s’inquiéter des conditions toujours plus restrictives mises au regroupement familial «qui est un droit toujours à respecter».

«En ces jours où les parlementaires sont appelés à se prononcer une fois encore au sujet d’un projet de loi sur l’immigration, nous éprouvons l’urgence de faire entendre notre voix», écrivent dans leur message Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis et président de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise, et Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard et membre de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise, en charge de la pastorale des migrants.

Avec ou sans papiers, les migrants sont «nos frères et soeurs en humanité»

Ils rappellent dans leur lettre, en citant le pape Jean Paul II dans son Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié du 15 janvier 1997, que «l’Eglise se sent le devoir d’être proche, comme le bon samaritain, du clandestin et du réfugié, icône contemporaine du voyageur dépouillé, roué de coups et abandonné sur le bord de la route».

La CEF estime que cette parole de Jean Paul II n’a rien perdu de son actualité. «Elle justifie à elle seule, par sa référence à l’Evangile, que les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d’autres sans papier. Quels qu’ils soient, ils sont nos frères et soeurs en humanité».

Certes, les évêques ne veulent pas contester la responsabilité propre des pouvoirs publics dans la régulation des flux migratoires, mais ils demandent qu’elle s’exerce en conformité avec le droit européen et international. Ils attendent aussi une perspective réelle de partenariat méditerranéen, tel que le président Nicolas Sarkozy l’a annoncé au soir de son élection. «Tant que cette vision solidaire ne sera pas clairement perçue et mise en oeuvre, les mesures toujours plus restrictives prises à l’encontre des migrants apparaîtront comme des concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation».

Le 14 janvier dernier dans son Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le pape évoquait «les difficultés de chaque famille de migrants, les privations, les humiliations, les restrictions et la fragilité de millions et de millions de migrants, de déplacés internes et de réfugiés», le pape Benoît XVI relevait que l’Eglise encourage la ratification des instruments internationaux légaux visant à défendre les droits des migrants, des réfugiés et de leurs familles».

Les évêques estiment par ailleurs souhaitable que les immigrés puissent, en France, être initiés convenablement à notre langue et notre culture. «Il y va à la fois de leur projet de réussite familiale et de l’harmonie sociale». (apic/cef/com/be)

1 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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