Conscients de la déchristianisation de la société
France: Les évêques français examinent l’avenir de la catéchèse et du mariage
Paris, 15 novembre 2001 (APIC) Réunis pendant une semaine, du 4 au 10 novembre, à Lourdes pour leur Assemblée plénière, les évêques catholiques français ont ouvert deux chantiers importants sur la catéchèse et le mariage. Les travaux devraient se poursuivre au cours de l’année à venir afin que les responsables catholiques puissent arrêter, à l’automne prochain, des orientations.
France: Les évêques français examinent l’avenir de la catéchèse et du mariage, les évêques français inscrivent leurs réflexions dans une nouvelle dynamique d’évangélisation, thème sur lequel ils ont travaillé ces dernières années. La catéchèse, centrée sur les enfants de huit à douze ans, et le mariage constituent, en effet, des occasions de rencontres, des points de contacts intéressants avec des personnes ayant peu de liens avec l’Eglise.
Environ 100’000 mariages catholiques sont célébrés, chaque année, en France. Peu de ces mariages concernent des jeunes couples à la foi chrétienne affirmée. Refusant de devenir une sorte de service public, l’Eglise catholique réfléchit, notamment, à la préparation au mariage. «L’Eglise n’a pas de dynamomètre pour mesurer la foi. Elle ne fera pas passer de test», a précisé, sous forme de boutade, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Tours et président de la Commission épiscopale de la famille.
Instauration de cérémonies collectives de mariages?
La raréfaction du nombre de prêtres et la concentration des célébrations de mariage pendant l’été posent également des problèmes pratiques. Pour résoudre cette question particulièrement aiguë dans des zones périurbaines, les évêques français tablent sur un meilleur étalement dans l’année et pourraient proposer l’instauration de cérémonies collectives. Une mesure qui fait grincer des dents sur le terrain.
Bien qu’en baisse constante, le nombre d’enfants catéchisés dans les paroisses et les établissements scolaires catholiques demeure très important: environ un tiers des classes d’âge concernés. Toutefois, le public devient très hétérogène et les enfants non baptisés sont de plus en plus nombreux. Dans son discours de clôture, Mgr Jean-Pierre Ricard, nouveau président de la Conférence épiscopale, a insiste’ sur une catéchèse qui ne serait plus limitée «au seul temps de l’enfance» et qui s’ouvrirait a` «chaque étape de la vie».
Les prêtres et la pédophilie
A Lourdes, les évêques français sont également revenus sur le dossier de la pédophilie, un lieu de conflit larvé avec la société civile. La question avait occupé, l’an dernier, une partie des travaux de l’Assemblée plénière. «Une seule affaire de pédophilie impliquant un prêtre, c’est déjà une affaire de trop», a souligné fermement, devant la presse, Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, l’évêque de Chartres en charge de ce dossier à l’épiscopat. Il a confirmé la création d’un Comité consultatif, composé de onze membres, chargé de conseiller les évêques. Ces spécialistes laïcs et religieux devraient se réunir plusieurs fois par an.
Comme ils l’ont souligné à Lourdes, les responsables catholiques doivent aujourd’hui faire face à un épineux problème: celui des prêtres condamnés pour pédophilie qui sortent de prison. En France, ils seraient actuellement une vingtaine. Les évêques français souhaitent trouver des formules pour conjuguer réinsertion et protection absolue de l’enfance.
Mgr Aubertin a également expliqué qu’un prêtre du diocèse de Bordeaux, condamné en septembre pour des faits de pédophilie, avait été suspendu, dans la foulée, de toutes ses fonctions sacerdotales. C’est la première fois qu’une telle mesure est officiellement annoncée. Elle concerne un prêtre récidiviste, déjà condamné il y a quelques années pour des faits similaires.
Au cours de leurs travaux, les évêques français ont également débattu de la situation internationale. Dans une déclaration officielle, ils condamnent, à mots voilés, les bombardements en Afghanistan. «Une situation de guerre s’étend dans tout le pays. Il est temps de chercher d’autres moyens pour ne pas ajouter le mal au mal, la violence à la violence», affirment-ils. «Beaucoup de musulmans ont été eux-mêmes très choqués par cette violence (le terrorisme) et ont exprimé leur réprobation. Avec ceux qui vivent dans nos diocèses, au moment où ils se préparent au Ramadan, nous voulons surmonter la méfiance et les tensions, poursuivre le dialogue, intensifier les relations», soulignent les évêques français. (apic/eni/mk)



