Non à la répression et à l’incitation à la peur collective
France: Les évêques préoccupés par les actes de violence dans les cités
Lourdes, 6 novembre 2005 (Apic) Les évêques de France, rassemblés en assemblée plénière à Lourdes, se disent vivement préoccupés par les actes de violence et de destruction que connaissent depuis quelques jours plusieurs grandes agglomérations. Ils estiment que «la répression et l’incitation à la peur collective ne sont pas une réponse à la hauteur de ces tensions dramatiques de notre société».
«Nous devons nous interroger sur ce qui peut engendrer de telles spirales de violence dans nos grands ensembles. L’urbanisation récente, les difficultés de l’emploi pour les jeunes, l’instabilité dans la vie familiale sont souvent évoquées», affirme la Conférence des évêques de France, dans un message daté du 5 novembre et signé de son président, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. «Les images des médias donnent à ces événements un fort retentissement dans l’opinion publique et créent des méfiances entre les différentes composantes de la population», ajoutent les évêques.
La solution selon eux, n’est pas à trouver dans la répression et ni dans l’incitation à la peur collective. Les évêques tiennent à souligner «tout le travail qui est fait au quotidien par bien des associations et des institutions afin de créer des liens de solidarité pour un vivre ensemble fraternel». Ils proposent d’ouvrir à ces nouvelles générations «souvent en mal d’espoir», établies dans les cités de banlieue, «un avenir de liberté, de dignité et de respect de l’autre».
Le 27 octobre à Clichy-sous-Bois, en banlieue parisienne, deux jeunes se sentant poursuivis par la police meurent électrocutés dans un transformateur où ils s’étaient réfugiés. Depuis lors, des émeutes et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre enflamment chaque nuit plusieurs cités de la région parisienne. Durant la nuit du 4 novembre, cinq cents véhicules et deux immenses entrepôts sont incendiés à Aubervilliers. Puis le nombre de véhicules brûlés a atteint 1295, dont 554 hors de la région parisienne, durant la dernière nuit. Au total, en dix nuits, ce sont près de 2200 véhicules qui sont détruits, alors que des scènes de violence ont également lieu dans plusieurs autres villes, comme Toulouse, Pau, Bordeaux, Lille et Rennes, ainsi que dans le centre de Paris. (apic/com/ag/bb)



