France: Les lecteurs de «La Vie» ont rendu visite à leurs «frères de Palestine»
En signe de solidarité avec le peuple palestinien humilié
Paris, 3 mai 2002 (APIC) Une centaine de lecteurs de l’hebdomadaire français «La Vie» ont rendu visite aux chrétiens de Palestine du 24 au 29 avril. Ils ont notamment rencontré l’archevêque melkite catholique de Galilée, Mgr Pierre Mouallem, et le patriarche latin de Jérusalem, ainsi que le père Delalande, retenu prisonnier pendant quinze jours dans son couvent franciscain. Un appel à la solidarité sera lancé auprès des lecteurs, annonce Jean-Claude Petit, PDG de «Malherbes publication et directeur de «La Vie».
C’est durant la dernière fête de Noël que Jean-Claude Petit a décidé d’organiser cette visite de solidarité «à nos frères chrétiens de Palestine qui souffraient sur les lieux mêmes où le Christ est né alors que nous autres, chrétiens d’Occident, nous restions indifférents». C’est finalement une équipe importante, forte de personnalités diverses du monde catholique, qui s’est rendue en Terre Sainte.
Le groupe a rencontré le père Elias Chacour et visité le complexe universitaire qu’il a créé en Galilée. Celui-ci accueille des étudiants et des professeurs juifs chrétiens et musulmans et c’est un espace de paix dans un univers de conflits. Sur place, l’archevêque Pierre Mouallem a dit à la délégation française sa conviction que les chrétiens palestiniens ont un rôle de pont à jouer entre juifs et musulmans pour créer des Etats (israélien et palestinien) pluriels, démocratiques et laïcs. Un dernier point qui pose question dans cette région où la chose religieuse et la chose publique sont étroitement mêlées et où les extrémistes – juifs et musulmans – n’entendent pas que les choses évoluent.
La paix débute avec le retrait total d’Israël en Palestine
Mgr Michel Sabbah, patriarche catholique latin de Jérusalem, a dit clairement que la paix ne serait possible que lorsque Israël se retirera, conformément aux résolutions de l’Onu, des territoires occupés et acceptera la création d’un Etat palestinien. Et d’estimer que «ce que font Israël et tous les gouvernements du monde, spécialement l’Amérique, va dans le sens opposé. Les amis d’Israël suivent une logique qui ne protège pas Israël mais qui, au contraire, aboutit à faire des Palestiniens et de tous les pays arabes son ennemi».
Enfin, le père Delalande, 86 ans mais toujours bon pied, bon oeil, a fait part de l’accablement moral et physique des habitants de Bethléem, victimes d’un couvre-feu permanent, ainsi que de restrictions drastiques en vivres et en eau. Les réfugiés de la basilique de la Nativité particulièrement. Lui-même, enfermé dans son couvent pendant 17 jours, n’a pu se laver car l’eau était rationnée. Il apprécie que le pape lui-même ait décroché son téléphone pour dire à chacun: courage!
Non pas réparer, mais tout reconstruire
Pour sa part, Jean-Claude Petit souligne combien lui-même et toute l’équipe qui l’entourait ont été frappés par le sentiment de profonde humiliation des Palestiniens. Humiliation perpétrée par une armée israélienne qui ne s’est pas privée de mettre les hommes à nus devant leurs femmes, de disperser les familles et de casser tout ce qui tombait sous sa main. La destruction est telle qu’un représentant du corps diplomatique français a confié «qu’il faudrait non pas réparer mais tout reconstruire». Plus rien ne fonctionne : ni école, ni université, ni système de protection sociale.
Aussi Jean-Claude Petit n’entend-il pas en rester là. Il va lancer dans «La Vie» un appel aux chrétiens de France et d’Europe à manifester leur solidarité auprès des chrétiens de Palestine. Solidarité par des dons financiers pour aider à la reconstruction. «Mais aussi et surtout, solidarité en allant rencontrer sur place nos frères et soeurs dans la foi et en leur disant combien nous sommes sensibles à leurs souffrances», insiste-t-il. Et de lancer: «Nous avons bien manifesté cette solidarité auprès des chrétiens du Liban quand ce pays était en guerre. Qu’attendons- nous maintenant pour tendre la main aux chrétiens palestiniens?»
La délégation française comptait notamment dan ses rangs le père Henri Madelin, directeur de la revue «Etudes», Jean-Marie Borzeix, ex-directeur de France Culture et de Télérama, Michel Cool directeur de «Témoignage Chrétien», ainsi que des représentants de diverses organisations chrétiennes. (apic/jcn/bb)



