Pour une structure de concertation

France: Les protestants français veulent plus de concertation avec l’Etat

Paris, 25 mars 2002 (APIC) Le président de la Fédération protestante (FPF) le pasteur Jean-Arnold de Clermont a demandé samedi que le gouvernement mette en place une structure de concertation avec l’ensemble des cultes et pas simplement avec l’Eglise catholique.

Dans son discours devant l’assemblée générale annuelle de la FPF réunie samedi et dimanche à Paris, le pasteur de Clermont a manifesté son mécontentement que les protestants aient été écartés d’une réunion entre le Premier ministre Lionel Jospin et les représentants de l’Eglise catholique le 12 février, où ont été passés en revue différents problèmes liés à l’application des lois de laïcité.

Cette rencontre de haut niveau à laquelle participait le nonce apostolique à Paris, Mgr Fortunato Baldelli, ainsi que le cardinal Jean-Marie Lustiger et le président de la Conférence épiscopale Mgr Jean-Pierre Ricard, était une première.

Elle a été interprétée par les responsables catholiques comme une manifestation de la décrispation des relations entre l’Eglise et l’Etat après des années de méfiance réciproque.

Sans remettre en cause les lois existantes, le gouvernement et l’Eglise catholique sont convenus de constituer des groupes de travail pour examiner notamment les problèmes liés aux écoles confessionnelles, au fonctionnement des aumôneries, à la fiscalité des associations cultuelles, à l’utilisation des églises par les collectivités locales ou encore au principe du secret professionnel dans l’Eglise.

Le pasteur de Clermont s’est étonné samedi de cette rencontre bilatérale alors que catholiques et protestants venaient de travailler à «une longue liste de questions communes» liées à l’application de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

Regrets

«Visiblement le gouvernement a choisi un dialogue privilégié avec l’Eglise catholique romaine, probablement en raison du traité international que la France a signé avec le Vatican en 1923», a-t-il noté. Il a regretté «qu’aucune disposition n’(ait) été prise à ce jour pour permettre aux autres communautés religieuses en France ce dialogue avec les instances gouvernementales» et a affirmé «la résolution très ferme du conseil de la FPF pour faire entendre la voix de la minorité» protestante afin que la «neutralité de l’Etat» soit respectée

«Nous souhaitons que la structure de concertation» mise sur pied avec l’Eglise catholique «soit élargie à l’ensemble des cultes», a-t-il précisé devant des journalistes.

Pas plus que l’Eglise catholique cependant, la FPF ne demande une modification des lois de laïcité, dont les protestants ont d’ailleurs été en leur temps des artisans actifs alors que l’Eglise catholique les a refusées jusqu’en 1923.

La FPF regroupe 16 Eglises ou unions d’Eglises (réformées, luthériennes, baptistes, évangéliques…) et 60 associations (entraide protestante, Cimade, Armée du salut…) regroupant environ 900’000 protestants, tandis que 200’000 autres sont affiliés à des Eglises n’appartenant pas à la FPF. (apic/ag/pr)

25 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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