L’avocat de la partie civile pas tendre avec le juge Bruguière

France: Massacre des sept moines de Tibhirine en Algérie, en 1996

Paris, 24 mars 2006 (Apic) L’avocat de la partie civile dans l’enquête française sur l’enlèvement et la mort des moines de Tibhirine en Algérie en 1996, Me Patrick Baudouin, a estimé vendredi que le juge Jean-Louis Bruguière en charge de l’instruction était «dans sa tour d’ivoire», rapporte l’Agence France presse.

Il y a dix ans, les sept moines de Tibhirine étaient enlevés et assassinés en Algérie. La mémoire de ces martyrs est restée très vive dans les communautés chrétiennes. Me Baudouin s’exprimait au cours d’une conférence de presse à la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) à l’occasion du 10e anniversaire de la mort des sept moines trappistes. Il a déploré «une opacité anormale» dans cette instruction ouverte en février 2004, qui se déroule selon lui avec une «lenteur excessive». Me Baudouin a rappelé qu’il avait formulé en octobre une demande d’acte visant à faire procéder à des auditions de témoins, dont notamment Abdelkader Tigha un ancien des services de sécurité qui se trouve aux Pays-Bas.

Le droit à la vérité

Autre réaction, dix ans après ce massacre. L’entourage des sept moines français de Tibhirine, enlevés et assassinés il y a dix ans a «droit à la vérité» comme toutes les victimes du drame algérien, a déclaré vendredi le père Armand Veilleux, procureur général de leur ordre cistercien au moment des faits. «Avant de tourner la page, il faut la lire jusqu’en bas. Nous pardonnerons totalement le jour où nous saurons à qui il faut pardonner», a souligné le père Veilleux lors d’une conférence de presse. Il s’exprimait aux côtés de membres de la famille de Christophe Lebreton, l’un des moines assassinés, qui ont porté plainte avec lui en décembre 2003.

«Nous attendons un peu de lumière, car nous ne sommes pas naïfs, nous savons que du côté algérien nous ne saurons jamais toute la vérité», a-t-il estimé, relevant également des points obscurs côté français notamment sur l’existence ou non de négociations. (apic/ag/pr)

24 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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