La politique n’est pas un sujet tabou pour l’Eglise

France: Mgr Barbarin, archevêque de Lyon interviewé par Famille chrétienne

Lyon, 3 mai 2007 (Apic) Dans une interview à paraître dans Famille chrétienne du 5 mai 2007, l’archevêque de Lyon, Mgr Barbarin, réaffirme l’éthique chrétienne par rapport aux choix politiques du citoyen.

Répondant aux questions de l’hebdomadaire français Famille chrétienne, à paraître le 5 mai, Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, répond à la question suivante: «A la veille du 6 mai, l’Eglise doit-elle s’exprimer, dans un pays qui revendique sa laïcité ?» En ce qui concerne l’avenir de notre pays, répond Mgr Barbarin, rien n’interdit à l’Eglise de s’adresser aussi à tous les concitoyens. «Laïcité veut dire, en effet, respect de toutes les religions». En France, il y a des gens pour qui la religion ne compte pas du tout, d’autres pour qui elle joue un rôle très important : tous ont leur place dans le débat, dit-il en substance. «La politique n’est pas un sujet tabou pour les croyants, ni pour l’Eglise».

Le prélat a-t-il «un appel spécial à adresser aux deux candidats ?» Il répond que l’on prie pour eux, que c’est un devoir. «Dans la grande prière universelle du Vendredi saint, il y a une intention pour les chefs d’Etat et pour ceux qui nous gouvernent». Pour nous, ajoute-t-il encore, tout acte humain doit avoir sa dimension spirituelle, être éclairé par la foi : l’acte politique du vote, comme les autres engagements de notre vie.

Quant à savoir si l’Eglise appelle les candidats à la vigilance sur certains points particuliers, le cardinal affirme: Parmi les critères retenus, il y a celui de la famille, «parce qu’elle est le premier lieu de l’amour entre les personnes; il y a celui du travail, car chacun doit pouvoir trouver sa place et participer utilement à la construction de la société. Ensuite, il y a la question de la cohésion sociale».

«Un électeur chrétien ne doit pas favoriser l’avortement ou l’euthanasie»

Y-a-t-il d’autres points sur lesquels l’électeur chrétien ne peut pas négocier ? demande encore Famille chrétienne. Certainement, affirme le prélat. Un électeur chrétien ne doit pas favoriser l’avortement ou l’euthanasie, le mariage homosexuel, l’injustice dans la répartition des biens ou le rejet des immigrés. «C’est pourquoi je veux dire clairement aux candidats que sur ces points et d’autres, nous serons très vigilants, et ils le savent».

A propos de «l’objection de conscience» sur un point ou l’autre des programmes politiques, le cardinal parle encore de tout ce qui touche à la vie. Cela touche aussi bien l’industrie de l’armement, comme la répartition de la nourriture.

Il s’agit aussi de respecter l’amour dans la vie des hommes, le mariage comme alliance d’un homme et d’une femme. Tout cela nous vient de la Bible. L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme. Il en fut ainsi dans toutes les civilisations. «Jamais, nulle part, le droit n’a reconnu le mariage entre deux personnes du même sexe. Il s’agit d’institutions et d’interdits qui sont fondateurs. Notre civilisation perd la tête lorsqu’elle met en cause ces remparts».

Le Pacs, loi «inutile et dangereuse»

Qu’attend au fond Mgr Barbarin des candidats, lui demande l’hebdomadaire? Qu’ils soient des artisans de paix», conclut le prélat. Le rôle de l’Eglise est peut-être d’»aider à voir loin». Et de citer le cardinal Billé à propos du Pacs homosexuel: «C’est une loi inutile et dangereuse». Il avait vu juste, conclut Mgr Barbarin, qui cite encore l’exemple de Saint Thomas More pour sa résistance au roi tout, en le respectant et Saint Irénée, rayonnant de paix. S’adressant aux jeunes, l’archevêque de Lyon leur voue toute son admiration. Car «ils ne vivent pas dans une société qui facilite la fidélité au Christ» (.) Pourtant «ils naviguent joyeusement dans leur génération en demeurant de lumineux témoins du Christ». (apic/fchrétienne/vb)

3 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!