Le bras de fer continue
France: Occupation de la basilique Saint-Denis par les sans-papiers
Paris, 28 août 2002 (APIC) Alors que les sans-papiers qui occupent depuis une dizaine de jours la Basilique Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, ont décidé mardi soir de poursuivre l’occupation, le gouvernement Raffarin confirme qu’il n’y aura pas de régularisation massive, mais seulement du «cas par cas». L’Eglise catholique, violemment prise à partie par Jean-Marie Le Pen – qui l’a qualifiée de «ventre mou de notre pays», souhaite que la question des sans-papiers soit entendue et prise au sérieux.
La question des sans-papiers doit être traitée «avec justice et générosité», déclare Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, dans une lettre qui doit être diffusée dans les paroisses de son diocèse. Dans une interview publiée mercredi 28 août par le quotidien français «La Croix», Mgr Hippolyte Simon, évêque de Clermont-Ferrand, affirme que l’Eglise ne prétend pas se substituer aux responsables politiques dans les questions d’immigration, mais souhaite «donner toutes ses chances à la médiation». Il considère qu’il faut trouver «des modalités humaines au règlement de ce problème».
Jean-Marie Le Pen fustige l’Eglise de France, «ventre mou de notre pays»
Les sans-papiers ont décidé au soir du 27 août de poursuivre l’occupation de la Basilique de Saint-Denis, ce qui a une nouvelle fois provoqué l’ire de Le Pen. A l’occasion de l’université d’été du Front National lundi à Annecy, puis mardi dans une interview au quotidien «France Soir», le leader du FN Jean-Marie Le Pen s’en était déjà pris à l’Eglise de France. A propos de l’occupation de la Basilique, nécropole des rois de France, il a déclaré que «l’Eglise catholique de France est le ventre mou de notre pays».
L’évêque de Clermont, qui avait dénoncé en 1999 dans son ouvrage «Vers une France païenne ?» le néo-paganisme de l’extrême-droite française, a estimé qu’il fallait «laisser les insultes aux insulteurs. Il n’est pas bon de surenchérir sur un tel sujet». Mgr Hippolyte Simon estime qu’il est mal venu de polémiquer sur le dos de personnes en situation difficile qui ne demandent qu’à être traitées en êtres humains.
L’évêque de Clermont, répliquant aux accusations de Le Pen – qui se demande pourquoi les sans-papiers n’occupent pas aussi des mosquées ou des synagogues – relève que c’est l’honneur de l’Eglise que d’être sollicitée par des personnes en situation difficile: «En s’adressant à elle, les sans- papiers espèrent qu’ils seront moins mal traités qu’ailleurs». Quant au problème de l’immigration, l’évêque souligne qu’il passe par la formation et le développement économique du tiers monde.
Pas de régularisation massive des sans-papiers
Plusieurs centaines de sans-papiers ont de nouveau manifesté le 27 août à Paris. Six délégués des sans-papiers qui occupent depuis le week- end de l’Assomption la Basilique Saint-Denis se sont rendus au ministère de l’intérieur pour négocier la régularisation «sans condition» de plus de mille sans-papiers. Le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir. «Il n’y aura pas en France de régularisation massive des sans-papiers. Le sort des sans-papier sera examiné au cas par cas», a fait savoir un communiqué du ministère de l’Intérieur, à l’issue d’une rencontre entre collaborateurs du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et une délégation des sans- papiers. «Aucune régularisation massive n’a apporté de solution durable et équitable aux questions d’immigration», poursuit le même communiqué. (apic/cx/ag/cm/be)



