Le tour d’horizon de Mgr Ricard sur les 6 jours de débats à venir

France: Ouverture à Lourdes de l’Assemblée plénière des évêques

Lourdes, 3 novembre 2002 (APIC) Les évêques de France ont ouvert dimanche 3 novembre à Lourdes leur Assemblée plénière, qui se tient sous la présidence de Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France.

Dans son discours d’ouverture, Mgr Ricard a rendu hommage au cardinal Jean- Marie Billé, décédé quelques mois après avoir ouvert l’an dernier la conférence annuelle des évêques de France.

Quelque 150 évêques, parmi lesquels 112 évêques en exercice, 13 émérites et 16 délégués des Conférences épiscopales étrangères, ainsi que le nonce apostolique représentant du pape en France, participeront aux travaux qui s’achèveront le 9 novembre. Les responsables des Conférences des religieux et des religieuses, mais aussi des représentants d’autres confessions chrétiennes assistent également à cette Assemblée.

Les travaux des évêques porteront cette année sur la catéchèse, le mariage, les relations entre l’Eglise et la société française, l’Europe et la restructuration de la Conférence. Autant de thèmes que l’archevêque de Bordeaux a évoqué dans son discours d’ouverture. Les travaux ont débuté par la célébration de la messe à la Grotte de Lourdes.

La contribution de l’Eglise à l’évolution de la société

Dans une interview publiée par le quotidien «Sud-Ouest», à la veille des travaux, Mgr Ricard a notamment fait part du souhait de voir l’Eglise catholique «apporter une contribution positive à l’évolution de la société». Interrogé sur la position de l’Eglise sur la question de la laïcité, l’archevêque relève que «l’Eglise n’a pas l’ambition de régenter la société», mais qu’elle ne veut pas «s’enfermer dans le seul domaine privé de la conscience individuelle». «Désormais, dit-il, nous sommes partie prenante d’une laïcité où l’Etat, sans être inféodé à une des religions, voit dans celles-ci une des composantes de la société qui ont leur apport à donner, leur voix à faire entendre. C’est une laïcité de respect et de dialogue. Nous souhaitons que les composantes religieuses puissent y trouver leur place», déclare-t-il.

Revenant dans son discours sur la volonté de l’Eglise d’apporter une contribution positive à l’évolution de la société, l’archevêque a relevé que le prochain anniversaire du centenaire de la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 va être l’occasion pour un certain nombre d’instances de réfléchir sur la place des cultes aujourd’hui dans notre société. «Même si, comme Eglise catholique, nous ne sommes pas concernés par cette loi au même titre que ceux qui en ont accepté les articles concernant les associations cultuelles, il nous faudra saisir cette occasion pour dire clairement comment notre Eglise souhaite se situer et se situe de fait concrètement dans notre société, quelle collaboration elle offre, quels enjeux et quelles difficultés elle perçoit, quelles questions elle se pose. En effet, par ses institutions et par l’engagement de ses membres notre Eglise ne reste pas inactive. Elle s’investit tout particulièrement dans l’éducation des jeunes, dans le domaine social, sanitaire et caritatif, dans le domaine de la culture, de l’art et de la sauvegarde du patrimoine. Elle se veut partenaire. Elle offre sa contribution et sa participation. Elle souhaite participer aux débats qui traversent notre société».

Les sans-papiers

Sujet d’actualité, avec l’occupation, pour quelques heures à Paris d’une église par 200 sans-papiers, tous délogés par la police à la demande des responsables de l’église occupée, la question de requérants a aussi fait l’objet de l’attention de Mgr Ricard. «Quand elle intervient dans l’accueil des «sans-papiers», dans les questions sur l’insécurité réelle ou ressentie ou dans le domaine de la sécurité routière, l’Eglise le fait dans une volonté de prendre sa part dans la construction d’un véritable «vivre- ensemble» en France.

La religion, a encore indiqué le président de la Conférence des évêques, ne saurait être cantonnée dans le pur domaine des opinions privées relevant de la seule conscience des croyants. «La recherche de solutions à des problèmes posés par l’insertion de l’islam dans le tissu de la société française a été certainement pour beaucoup un facteur important de cette nouvelle perception. Dans mes rencontres avec les responsables de l’Etat (Président de la République, Premier ministre, ministres.), il m’a souvent été réaffirmé que les religions avaient une dimension sociale qui devait être prise en compte, un rôle à jouer à côté d’autres familles de pensée pour apporter leur contribution aux interrogations et aux problèmes de notre société».

L’Europe

A propos de l’Europe, et de sa Constitution, Mgr Ricard a dit souhaiter que ce qui se dessine aujourd’hui en France puisse avoir aussi des répercussions positives dans la construction européenne et tout particulièrement dans la rédaction de la future Constitution européenne. «Il serait souhaitable que l’Europe non seulement ne méconnaisse pas son patrimoine spirituel, religieux et humaniste, mais qu’elle accueille positivement la contribution actuelle des Eglises et des communautés religieuses à cette construction européenne. Ne serait-il pas bon de faire figurer dans un Traité constitutionnel de l’Union européenne que l’Union européenne respecte l’identité et la contribution spécifique des Eglises et des communautés religieuses et entretient avec elles un dialogue structuré?

Après avoir encore parlé des défis de la mission aujourd’hui dans en France et de l’enquête menée cette année sur la restructuration de la Conférence épiscopale, Mgr Ricard évoqué la situation à Jérusalem et en Terre Sainte, ravagée par la violence et même la haine. «Nous lançons un appel pour que des acteurs de paix, courageux, se lèvent de part et d’autre pour ouvrir un dialogue constructif qui fasse taire définitivement les armes afin que la sécurité, la dignité et la justice soient rétablies. Nous n’oublions pas nos frères chrétiens de Terre Sainte». Et de conclure avec cette pensée avec le peuple irakien, qui «subit déjà le poids de l’embargo qui touche ce pays. Puisse-t-il ne pas avoir à supporter dans sa propre chair les ravages et les séquelles qu’entraînerait une nouvelle guerre! (apic/com/pr)

3 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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