Le plus vieux site internet de France cartonne toujours

France: Port-Saint-Nicolas.org fête ses dix ans

Sainte-Trinité du Perreux, 27 décembre 2005 (Apic) Le plus ancien site Internet catholique créé en France, Port-Saint-Nicolas, «lieu ecclésial d’information, de réflexion et de stimulation pastorale», est aujourd’hui une référence de l’Internet catholique francophone.

Créé il y a dix ans par Jim Wanderscheid et le Père Philippe Louveau, sans publicité, indépendant, réputé sérieux tout en sachant être drôle, le site Port-Saint-Nicolas est très visité: soit 300’000 pages chaque mois, un score toujours en augmentation. «On ne fait pas de grandes stratégies pour toucher plus de personnes, il y a le guidage de l’Esprit-Saint là-dedans», plaisante Jim le webmestre, dans un article de La Croix du 27 décembre consacré au plus ancien site catholique de France

L’aventure commence un peu par hasard. «Dans les années 1990, je travaillais déjà sur Internet pour une entreprise américaine, et je participais bénévolement à la restauration

d’une église», raconte Jim Wanderscheid. Avec le Père Philippe Louveau, alors curé de la paroisse Saint-Nicolas de La Queue-en-Brie (Val-de-Marne), il publie les photos de ses travaux sur Internet. Et crée un site d’église : celui de la paroisse St Nicolas. Jim Wanderscheid y publie régulièrement des textes du Père Louveau, distribués jusque-là sous formes de polycopiés.

Rapidement, l’équipe se rend compte que l’ancrage local est un peu étroit. Au début de l’année 1997, le Conseil paroissial pensait que le site internet ne marcherait jamais, se souvient Jim Wanderscheid. Le site devient alors autonome, rebaptisé Port-Saint-Nicolas (PSN) métaphore portuaire, «pour garder les mêmes initiales», et parce que, «on peut greffer beaucoup de choses autour de la mer, dans la religion». Le site, dont l’aspect graphique vient d’être renouvelé, n’a depuis cessé de s’enrichir, de compter de nouveaux auteurs, pour constituer la large base de données, gratuite, qui lui a valu sa réputation.

Un phare, une église, une plage

Comme au bord de la mer, PSN comprend notamment un phare (la Bible et l’exégèse), une église (la théologie et l’histoire de l’Église), une plage (les questions de société) ou encore un chantier naval (l’atelier liturgique). Dans ces catégories, les textes des membres de l’équipe, Ainsi que des contributions extérieures.

L’équipe de cinq personnes – Olivier Jullien de Pommerol, Philippe Giron et Catherine Priester, en plus des fondateurs -, aujourd’hui, répartie partout en France et jusqu’au Luxembourg, vote démocratiquement les décisions importantes. Elle s’affirme «clairement Vatican II», comme le confient ses initiateurs à Guillaume Barou, de La Croix.

«On n’est pas trop nouvelles spiritualités, précise Jim Wanderscheid. On voudrait contribuer à donner une image de l’Église pas trop coincée, pas trop identitaire et pas trop «voix de son maître»

Internet, «un moyen d’évangélisation»

Un tel engagement exige du temps. «On ne promet rien, mais pour répondre, quand on sent une vraie détresse, on se met en quatre». Jim loue lui aussi en Internet, «un formidable moyen d’évangélisation permettant à des gens en marge de l’Église d’envoyer des tonnes de questions qu’ils n’osent pas poser aux prêtres». Mais celui qui est également responsable des systèmes Internet de la ville de Luxembourg, consultant technique du diocèse et concepteur d’autres sites, pour les jésuites ou la JEC, croule lui aussi sous les engagements.

Le Père Louveau regrette que le manque de temps conduise à «travailler dans l’urgence» Le site n’a pas de journaliste professionnel et par conséquent, est conscient de sa difficulté à établir des liens avec l’actualité.

Indépendant, Port-Saint-Nicolas est prudent toutefois. Les textes du Père Louveau, notamment, ont toujours été relus par ses évêques successifs, mais ils ne lui ont jamais fait de remarque. «L’image de l’Église que l’on donne est aussi valable que d’autres», insiste le prêtre du Port. «Notre seule légitimité, c’est le baptême», résume Jim Wanderscheid. (apic/cx/vb)

27 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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