France: Pour l’épiscopat franças, l’ouvrage sur la vie de Jésus «INRI» rate sa cible

Voix discordante: le pasteur Tartier comprend l’intérêt du livre

Paris, 4 octobre 1998 (CIP) Tandis que pour l’épiscopat français, l’ouvrage sur la vie de Jésus «INRI», désormais sur le marché, rate sa cible, le pasteur Jean Tartier fait entendre sa différence. Président de la Fédération protestante de France, il y trouve de l’intérêt à la démarche. Il se démarque ainsi des autres leaders religieux dans la polémique née de la parution chez Albin Michel d’un livre qui se présente comme une première «vie de Jésus pour l’an 2000» en photos. L’épiscopat a de son côté réitéré ses critiques.

INRI – l’abréviation latine de  » Jésus de Nazareth, roi des Juifs «, mise sur la croix -, a pour auteurs Serge Bramly pour le texte et Bettina Rheims pour les photos. La photographe a l’ambition de «réviser l’iconographie chrétienne traditionnelle». En couverture, une femme crucifiée, vêtue d’un simple pagne.

«Un monde onirique, préfabriqué»

A la veille de la parution de l’ouvrage (le jeudi 1er octobre), le Père Olivier de La Brosse, porte-parole de l’épiscopat français, avait déjà dit trouver un texte «terre à terre», d’une grande pauvreté spirituelle», des images mettant en scène  » un monde onirique, préfabriqué». Il avait regretté «le côté malsain de nombreuses illustrations» qui n’ont «rien à voir avec la santé psychologique de l’Evangile». Des réactions critiques avaient également été enregistrées chez Joseph Sitruk, grand rabbin de France, et Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris.

Après avoir différé de quelques jours une prise de position officielle pour ne pas amplifier l’effet d’annonce et la publicité provoqués par l’éditeur, le Père de La Brosse y revient dans un communiqué, l’ouvrage étant désormais en vente. «Force est de constater, écrit-il, que Mme Bettina Rheims rate sa cible: on ne peut prétendre utiliser l’image pour transmettre un message en ignorant le poids des symboles et leur signification. Ces photos détournent les épisodes de la vie de Jésus dans des mises en scène provocantes; les croyants, de nouveau, subiront cette publication et le tapage qui l’entoure comme une agression au respect le plus élémentaire qui leur est dû». Constatant «l’ambiguïté des illustrations» et «les insuffisances critiques et les amalgames» du texte, le porte-parole de l’épiscopat français estime que cet album n’aidera pas à faire connaître l’Evangile.

«La personne du Christ n’est pas la propriété des Eglises. Il faut maintenir aux artistes la possibilité de s’exprimer sur un personnage qui a son importance pour l’ensemble de l’humanité, y compris non-croyante», a déclaré de son côté le pasteur Tartier au quotidien catholique français «La Croix». Si certaines photos l’ont «choqué», le président de la Fédération protestante comprend l’intérêt d’une telle tentative, même s’il regrette qu’on ait publié «une glose» à partir des Evangiles plutôt que le texte lui-même. (apic/cip/com/be)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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