La mairie et le diocèse réagissent
France: Ras le bol des vols dans les églises
Paris, 16 novembre 2004 (Apic) Les voleurs et autres pilleurs d’Eglise obligent les autorités ecclésiastiques et politiques à renforcer la sécurité des biens dans les édifices religieux. Le marché de l’art sacré lui se porte bien.
Récemment, le dimanche 24 octobre, en plein congrès «Paris Toussaint 2004», des voleurs profitant de l’ouverture de la paroisse Notre-Dame d’Auteuil (16e) dérobent un buste de la Vierge de Carpeaux (XIXe siècle). Une statue estimée à 50.000 euros. Le lendemain, des conservateurs du patrimoine sont venus constater le délit et «prendre des mesures». Tout cela appartient à la Ville de Paris», explique l’intendant de la paroisse, Gérard Caillaud, qui ajoute: «le malfaiteur connaissait l’emplacement de la statue et sa valeur». C’est la Ville de Paris, propriétaire des biens, qui a porté plainte.
Ce dernier vol vient s’ajouter à une liste, déjà longue, d’objets religieux disparus dans le diocèse. Le 16 octobre, à Saint-Merri (4e), une toile du XVIIe siècle, La Prédication de saint Pierre, d’une valeur de 35.000 euros, était dérobée. En août, c’était une Résurrection de Lazare par Joseph-Marie Vien, datant du XVIIIe siècle, qui disparaissait. Les oeuvres subtilisées sont souvent des pièces majeures du patrimoine religieux. Ces vols seraient le fait de professionnels opérant en réseau.
Nouveau répertoire informatisé
Plusieurs réunions ont eu lieu en octobre entre les services de la mairie de Paris et l’archevêché. «Nous prendrons les mesures nécessaires pour garantir une meilleure sécurité dans les édifices religieux», indique Bertrand de Feydeau directeur général des affaires économiques du diocèse de Paris. En outre, un nouveau répertoire informatisé des quelques 30’000 pièces du patrimoine religieux parisien est en cours de réalisation. On évoque aussi un système de marquage – dont les responsables préfèrent ne rien dire – qui permettrait de localiser les objets d’art.
Si le phénomène du pillage des Eglises organisé n’est pas nouveau et touche l’ensemble de l’Europe – principalement la France et l’Italie -, on observe une nouvelle demande pour l’art religieux sur le marché spécialisé. L’ouverture des frontières en Europe, les carences de la législation et les inventaires parfois incomplets sont autant de facteurs aggravants. (apic/cx/vb)




