France: Réaction de Mgr Descubes à la proposition de sénateurs sur les mères porteuses

«Droit à l’enfant ou droit de l’enfant?»

Rouen, 30 juin 2008 (Apic) Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen et président du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France, a réagi après la proposition, la semaine passée en France, de sénateurs qui se sont prononcé en faveur des «mères porteuses».

Dans un communiqué publié lundi, sous le titre «droit à l’enfant ou droit de l’enfant?», Mgr Descubes s’interroge sur les «projets de maternité pour autrui». Un groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui, les «mères porteuses», ayant en effet proposé mercredi dernier la légalisation du recours à une autre femme pour procréer, une pratique aujourd’hui interdite en France.

La souffrance des couples qui ne peuvent avoir d’enfant ne peut être ignorée, précise d’emblée l’archevêque de Rouen. Mais, écrit-il, il importe d’être attentif aux bouleversements qu’induit le recours à la maternité pour autrui sur notre conception du couple, de l’enfant et de sa place dans la famille

Selon le prélat, trois types de maternité se trouvent conjuguées et en même temps dissociées les unes des autres: celle qui donne l’ovule, celle qui accouche, celle qui élève l’enfant. «Cette dissociation crée des liens « d’intimité sociale » jusqu’ici inconnus. Elle se différencie en cela de l’adoption qui répond en toute clarté à une situation déjà existante».

Pour Mgr Descubes, le temps de la gestation implique une relation très forte et progressive de la femme enceinte et de l’enfant qui se forme en son sein. «Durant cette période elle prend conscience qu’elle est devenue la mère de son enfant dès sa fécondation. Elle n’est ni un nid ni une couveuse. De nombreux facteurs inconscients, affectifs et singuliers lient la mère à son enfant et réciproquement».

Mgr Descubes poursuit sa réflexion et invite à la partager: «On doit se demander quelle sera la place réelle et symbolique d’un enfant qui se trouve en relation avec un couple de parents « porteurs », les enfants de ce couple et le couple qui le reçoit. Il paraît difficile de concevoir de manière simple les relations de l’enfant entre chacun de ces pôles que ce soit sur un plan psychologique ou sur un plan juridique».

Et de faire ce constat: «Notre société moderne pense que la science est capable de régler toutes les souffrances et qu’elle a en tout le dernier mot». Avant de poser cette interrogation: «Recourir à la procédure de la maternité pour autrui, n’est-ce pas instrumentaliser la naissance d’un enfant pour résoudre finalement de manière illusoire le drame et la détresse de la stérilité?» (apic/com/pr)

30 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!