Trouver une instance représentative des musulmans de France

France : Rencontre des musulmans avec Jean-Pierre Chevènement

Paris, 30 janvier 2000 (APIC) Une trentaine de représentants des Fédérations de musulmans de France, des mosquées indépendantes ainsi que six personnalités musulmanes qualifiées ont rencontré vendredi 28 janvier Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur. Objectif : définir une méthode de travail pour la mise en place d’une instance représentative des musulmans habitant la France. Une prochaine réunion plénière devrait les rassembler à nouveau le 20 avril prochain.

Suite à la consultation lancée par Jean-Pierre Chevènement en novembre dernier pour organiser le culte musulman, les musulmans de France avaient dans l’ensemble réagi positivement, malgré des réticences sur la méthode, jugée autoritaire. Mardi dernier, le ministre de l’Intérieur se félicitait devant les préfets réunis à huis clos Place Beauvau que le texte «Principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France» ait été accepté par la quasi totalité des 18 Fédérations, grandes mosquées et personnalités qualifiées consultées. L’union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), qui traînaient les pieds, se sont finalement ralliés à l’initiative lancée en novembre dernier par le ministre de l’Intérieur. Leurs représentants se sont eux aussi rendus vendredi Place Beauvau. Seuls le recteur de la mosquée Ad’awa (mosquée de la rue de Tanger, dans le 19° arrondissement de Paris)., ainsi que les délégués de l’Union turco-islamique d’affaires théologiques en France, n’ont pas encore donné une suite favorable à l’invitation.

Après la rencontre historique, le 13 janvier, de quatre personnalités musulmanes (1) avec le président de la République pour un échange de voeux, cette séance de travail pourrait marquer une nouvelle pierre sur le chemin de la normalisation des relations entre l’islam et la République française. Au ministère de l’Intérieur, si on se réjouit du bon déroulement de la première phase de l’initiative Chevènement, on se montre néanmoins prudent quant aux perspectives d’avenir: «L’Etat ne fait que donner un coup de pouce. Le succès viendra si les choses partent de la base. Il ne faut pas de précipitation», souligne Michel Godard, l’un des conseillers de Jean-Pierre Chevènement. (apic/jcn/ba)

30 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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