Le torchon brûle entre citoyennes musulmanes et laïcs purs et durs
France: Retour en force de la polémique du foulard islamique
Paris, 21 avril 2003 (Apic) La polémique du foulard islamique est de retour en France. Cette fois ce ne sont plus seulement les écoles, mais également les entreprises et la fonction publique qui occupent le centre des débats. Dernier incident en date: Nicolas Sarkozy s’est fait hué lors du rassemblement annuel de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le 19 avril au Bourget.
Si le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, s’est fait sifflé par les défenseurs d’une forte identité musulmane, il a par contre reçu l’approbation des féministes. Son intervention a porté sur l’obligation de la photo tête nue sur les papiers d’identité.
Dans le camp des défenseurs de la laïcité, Nicolas Sarkozy est rejoint par le ministre de l’Education nationale, Luc Ferry. Ce dernier s’est déclaré personnellement opposé au port du foulard islamique à l’école. Si cela ne tenait qu’à lui, il l’aurait interdit, a-t-il assuré. Il a cependant reconnu un arrêt de Conseil d’Etat, qui l’a déclaré légal «dans la mesure où il n’est pas source de trouble».
Le principe de la laïcité, cher à la culture républicaine de la France, ainsi que la distinction entre la sphère privée et publique constituent les arguments centraux des opposants au foulard. C’est en se basant sur ces principes que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s’est prononcé le 3 avril pour l’interdiction du foulard «dans l’exercice du service public». Ces positions ont reçu l’aval de la Ligue du droit international des femmes (LDIF), un mouvement féministe fondé en 1983 par Simone de Beauvoir, la veuve de l’existentialiste athée Jean-Paul Sartre.
Dans le camp des défenseurs, c’est ce même principe de laïcité, associé à la liberté de conscience, qui est mis en avant. Lors du rassemblement au Bourget, des jeunes femmes, principalement des étudiantes, ont fait circuler une pétition à l’intention du Premier ministre, le priant de s’abstenir de légiférer sur le sujet. «Pleinement citoyennes et pleinement musulmanes», tel est le slogan des ces jeunes personnes qui se déclarent prêtes à défendre leur cause jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.
Le ministère de l’Intérieur souhaite que le débat soit également mené par Conseil français du culte musulman. Ce dernier doit composer avec une pratique, qui est d’ailleurs loin de faire l’unanimité chez les principaux intéressés, et le souci d’intégration des musulmans en France. (apic/ag/sh)



