France: Un prêtre nonagénaire tué dans l’Oise

Après la mort violente d’un prêtre catholique nonagénaire dans l’Oise, au nord de la France, le 4 novembre 2019, les profils tant du suspect que de la victime se précisent. Le jeune homme de 19 ans qui aurait tué l’abbé Roger Matassoli souffrirait de graves problèmes mentaux. Le prêtre était interdit de ministère pour abus sexuels sur mineurs, survenus il y a plusieurs dizaines d’années.

Agé de 19 ans, ce suspect a été interpellé le 4 novembre au volant du véhicule du prêtre. Le père du jeune homme, informé par les autorités, s’était alors rendu au domicile de l’abbé à Ronquerolles, un hameau de la commune d’Agnetz, dans l’Oise. Ayant aperçu par la fenêtre du logement le corps sans vie de la victime, il avait alerté les gendarmes. Immédiatement interrogé, le jeune homme dont l’attitude laissait supposer d’importants problèmes mentaux n’a pas pu répondre aux question des gendarmes. Il été placé en internement psychiatrique.

L’autopsie du corps du prêtre a conclu «à un décès par asphyxie et à la présence de traces de coups portés à l’abdomen, au crâne et au visage».

Un prêtre interdit de ministère

Dans la matinée du 5 novembre, Mgr Jacques Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, a adressé un communiqué à la suite de la mort de l’abbé Mattassoli. «Nous pensons à sa famille et prions pour lui», avait-il affirmé.

Dans un second communiqué, publié la nuit suivante, le diocèse de Beauvais a indiqué que le Père Matassoli, à la retraite depuis 2009, était «interdit de tout ministère, même privé». En cause, des plaintes pour des «comportements inappropriés sur mineur» survenus il y a «plusieurs dizaines d’années». Le diocèse a reçu un premier signalement en 2018, Mgr Benoit-Gonnin a alors entendu la victime et pris des mesures pour éloigner le vieux prêtre du ministère public. Après le dépôt au civil d’une plainte d’une autre victime, une procédure canonique a été ouverte. Le diocèse de Beauvais n’a pas indiqué si ces mesures avaient été prises à titre conservatoire ou à l’issue d’un jugement canonique. Quoi qu’il en soit, elles n’avaient pas été rendues publiques.

Selon Le Parisien, au moins une des plaintes déposées devant la justice française a été classée sans suite en raison de la prescription. Pour le moment, rien ne permet d’indiquer que le suspect aurait pu avoir été victime du prêtre. (cath.ch/cx/ag/mp)

7 novembre 2019 | 15:08
par Maurice Page
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