France: Une «vie de Jésus» controversée
Un côté malsain et choquant
Paris, 1er octobre 1998 (APIC) Une nouvelle polémique vient de naître en France suite à la publication aux éditions Albin Michel d’un livre d’art intitulé «INRI», l’abréviation latine de «Jésus de Nazareth, roi des Juifs «, placée sur la croix. Cet ouvrage se présente comme une première «vie de Jésus pour l’an 2000» en photos. Les auteurs sont Serge Bramly pour le texte et Bettina Rheims pour les photos. En couverture, une femme crucifiée, vêtue d’un simple pagne. L’Eglise ne portera cependant pas plainte.
L’épiscopat français, qui n’a pas publié de communiqué officiel à ce sujet, a réagi par la voix de son porte-parole, le Père Olivier de la Brosse. S’il regrette un texte «terre à terre, d’une grande pauvreté spirituelle», il émet surtout des réserves sur le fond. «Les auteurs disent vouloir moderniser le message du Christ, commente-t-il. Ce n’est pas le cas. Pour cela, il aurait fallu des images situées dans le monde réel d’aujourd’hui. Or, ce que les images mettent en scène est un monde onirique, préfabriqué, où se meuvent des mannequins. Enfin, on ne peut que regretter le côté malsain de nombreuses illustrations. Rien à voir avec la santé psychologique de l’Évangile.»
L’association «Croyances et Libertés «, créée par les évêques de France il y a un peu plus d’un an pour défendre le droit au respect des croyances – sa dernière intervention visait une publicité «messianique» de Volkswagen -, ne déposera pourtant pas plainte. ” Personne n’est obligé d’acheter un livre d’art, qui par ailleurs coûte cher, alors qu’une campagne publicitaire par voie d’affiches agresse tout le monde», explique Mgr Lagoutte, secrétaire de l’association.
Samedi, dans «Le Figaro», Joseph Sitruk, grand rabbin de France, rappelait que «la liberté d’expression s’arrête là où commence l’agression d’autrui». «La Croix ” cite de son côté Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris : «Je suis médecin de formation. Mais les bras m’en sont tombés en voyant, par exemple, la photo de l’enfant Jésus regardant sa mère nue. C’est une totale incompréhension des symboles religieux. Toute la tradition biblique, sémitique, dont les religions chrétienne et musulmane sont issues, place la pudeur comme une valeur centrale.»
Si les auteurs plaident leur bonne foi, l’éditeur «reste bien silencieux», observe-t-on du côté de l’épiscopat. Comme si l’objectif recherché, celui d’une polémique entretenue par médias interposés, incluse dans une démarche de marketing, était le seul souci des initiateurs. (apic/cip/cx/mp)



