Vatican

François: le bon voisinage entre les religions ne fait pas de bruit

Le bon voisinage entre les religions ne fait pas de bruit, déclare le pape François dans un entretien accordé au média serbe Politika à l’occasion du centenaire des relations diplomatiques entre la Serbie et le Saint-Siège, publié le 1er novembre 2020.

«Au cours des voyages apostoliques, j’ai pu voir ce qui ne fait pas la une des journaux: le bon voisinage entre les religions», a déclaré le pontife romain, qui s’est également confié sur ses choix de voyages apostoliques.

«Briser toute forme de repli idéologique»

Le dialogue est l’un des instruments «les plus privilégiés dont nous disposons», non seulement pour faire face au Covid-19, mais aussi pour aborder «tous les autres conflits auxquels nous devons faire face», a expliqué le pape argentin dans un long entretien avec la presse serbe. En ce sens, les religions ont selon lui une «mission incontournable» dont elles doivent s’emparer.

Au cours de ses voyages apostoliques, il a pu voir ce qui ne fait pas la une des journaux mais qui est source d’espérance, a-t-il poursuivi: «le bon voisinage entre les religions». Dans de nombreux coins du monde, villes et villages, on perçoit une «saine vertu de l’amitié» et une bonne pratique du voisinage qui, selon lui, est une source certaine d’espérance. Cette amitié permet de «briser toute forme de repli idéologique», a-t-il déclaré.

Culture de la rencontre

En opposition à ceux qui s’expriment sur les religions, «les faiseurs d’opinions», le pontife explique avoir toujours trouvé, dans la culture de la rencontre, des gens ordinaires capables de jouer un rôle de premier plan dans leur environnement immédiat.

Si le chemin est long à parcourir, reconnaît-il, ces situations l’aident «à reconnaître la présence de Dieu dans le monde, dans l’histoire qui continue à animer l’humanité».

La résolution des conflits suppose un dialogue

Le 266e pape a ainsi exposé sa vision pour résoudre les conflits. «Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de monologues impressionnants qui privilégient le bien-être d’une communauté en semant la peur de ceux qui sont différents», a-t-il avancé. Les conflits, a-t-il expliqué, ne se résolvent pas par l’oubli, par l’ignorance ou encore en faisant table rase du passé. Leur résolution suppose «un dialogue qui implique la reconnaissance de l’autre» et implique «d’élargir nos perspectives afin de reconnaître un plus grand bien» profitant à tous.

Personne n’atteint sa plénitude en se refermant sur lui-même et sur ses convictions, aussi valables soient-elles, a ajouté le pape en citant sa dernière encyclique, Fratelli tutti (2020): «une saine ouverture ne menace jamais l’identité» d’un peuple.

Dans les lieux où la présence de l’Eglise est réduite

Le pontife s’est encore confié sur ses choix de voyages et notamment ce qui l’avait conduit à choisir l’île italienne de Lampedusa pour son premier déplacement en 2013. Il raconte avoir reçu un jour une lettre d’un curé du lieu dans laquelle ce dernier lui racontait l’histoire des survivants de la Méditerranée qui sont arrivés sur l’île et les situations dramatiques auxquelles ils ont dû faire face.

A la lecture de cette missive,  «j’ai senti la présence du Seigneur me montrer le chemin», a-t-il expliqué. «On pourrait dire que l’endroit m’a choisi».

Au cœur des périphéries

Au cœur des périphéries, «nous pouvons découvrir des perspectives, des accentuations, des injustices (…) et aussi des signes d’espérance que nous ignorons souvent au centre», a encore expliqué le pape François. S’y rendre aide à «mieux comprendre non seulement l’Evangile mais aussi notre propre humanité».

Pour définir l’agenda de ses voyages, le pape argentin a confié donner la priorité aux pays qui n’ont pas encore reçu la visite d’un pape ainsi qu’aux régions où la présence de l’Eglise est presque inexistante. Ce n’est pas parce que les catholiques sont très peu nombreux dans certaines régions qu’ils ont moins de droits, a-t-il argumenté auprès de ses conseillers lors de la préparation de l’un de ses derniers voyages.  (cath.ch/imedia/cg/be)

Rencontre avec le grand imam d'Al Azhar: rien ne remplace le dialogue | © Osservatore Romano
2 novembre 2020 | 17:53
par I.MEDIA
Partagez!