François rencontre pour la première fois l'épiscopat italien
Rome: L’évêque n’est pas un «fonctionnaire», assure le pape
Rome, 24 mai 2013 (Apic) Le pape François a mis en garde chaque pasteur devant le risque d’être un «fonctionnaire», plus préoccupé par lui-même et les structures que par le véritable bien du Peuple de Dieu. Le pontife rencontrait, le 23 mai 2013, pour la première fois l’ensemble de l’épiscopat italien.
Pour sa première rencontre avec les quelque 250 évêques de la péninsule, au terme de leur visite Ad limina, le pape François a présidé une «profession de foi». Au cours de celle-ci, il a évoqué le reniement de l’apôtre Pierre avant de proposer une méditation sur le ministère pastoral des évêques, et également du pape. L’évêque de Rome et primat d’Italie a assuré que le manque d’attention rendait le pasteur «tiède».
Le risque de renier le Christ
Le pasteur, a soutenu le pape, «devient distrait, oublieux et même intolérant». Ce manque d’attention de l’évêque, a-t-il poursuivi, «le séduit avec la perspective de la carrière, la flatterie de l’argent et les compromis avec l’esprit du monde, le rend paresseux en le transformant en un fonctionnaire, un clerc d’Etat plus préoccupé par lui-même, par l’organisation et les structures, que par le véritable bien du Peuple de Dieu…On court alors le risque, comme l’apôtre Pierre, de renier le Christ, même si l’on se présente et l’on parle formellement en son nom».
Le pape François a précisé devant l’épiscopat italien que «nous ne sommes pas l’expression d’une structure ou d’un besoin d’organisation». Et le pontife d’expliquer qu’avec le service de leur autorité, les évêques étaient appelés à «être le signe de la présence et de l’action du Seigneur ressuscité, à construire la communauté dans la charité fraternelle».
Et malgré sa «faiblesse», a affirmé le pape François, le pasteur doit «marcher devant le troupeau». Il doit aussi être disposé à marcher au milieu et derrière son troupeau : capable d’écouter le récit silencieux de celui qui souffre et de soutenir la marche de celui qui craint de ne pas y arriver, «attentif à relever, à rassurer et à répandre l’espérance». Le pape a invité les pasteurs à mettre de côté toute forme d’arrogance afin de s’incliner sur ceux que le Seigneur leur a confié, à commencer par leurs prêtres qui sont leurs premiers fidèles, leurs fils et leurs frères.
Mise au point
Le pape a également salué le travail de la 65e assemblée générale de l’épiscopat, réunie du 20 au 24 mai au Vatican. Il a insisté à deux reprises sur le fait que, parmi les devoirs de la CEI, figure le dialogue avec les institutions sociales, culturelles et politiques du pays. «C’est votre rôle et ce n’est pas facile», a affirmé le pape dans ce qui ressemblait à une mise au point alors que le Vatican est parfois critiqué pour sa trop grande implication dans les affaires italiennes. Cette critique a souvent été adressée à l’actuel secrétaire d’Etat, le cardinal italien Tarcisio Bertone.
Le pape François a en outre évoqué le nombre «tellement lourd» des plus de 220 diocèses d’Italie. Il a indiqué qu’une commission était actuellement chargée d’en réduire un peu le nombre.
Au terme de cette rencontre, le pape François a pris le temps de saluer un à un les évêques italiens, passant lui-même entre les rangs et conversant avec chacun. (apic/imedia/ami/rz)



