75 films, 34 pays du Sud, un concentré d’évasion
Fribourg: 13e Festival international de films
Fribourg,
(APIC) Avec quelque 75 films en provenance de 34 pays du Sud, le Festival de films de Fribourg offre à nouveau un concentré d’évasion. Sa 13e édition se déroulera du 7 au 14 mars. Par le moyen privilégié du langage cinématographique, le Festival entend continuer à construire des ponts entre le Nord et le Sud. Une volonté marquée aussi par l’invitation dans le jury du Festival d’un des pères fondateurs de la théologie de la libération, le Brésilien Leonardo Boff.
On me demande encore aujourd’hui si le Festival de Fribourg présente des films «normaux», s’étonne le président de la manifestation, Jean Paul Rüttimann. Les films présentés sont non seulement «normaux» mais passionnants et de grande qualité. Négliger la production des pays du Sud, c’est oublier une réalité tenace: sur les 4’600 longs métrages produits annuellement dans le monde, 2’500 le sont dans le Sud soit six fois plus qu’aux Etats-Unis.
L’autre face de la mondialisation
Reconnu officiellement par l’Office fédéral de la culture, le Festival de Fribourg figure aujourd’hui au même rang que ceux de Locarno, Soleure, Nyon et Genève. «Ce que nous faisons est le complément indispensable à la mondialisation» souligne Jean Paul Rüttimann.
La qualité du Festival de Fribourg réside aussi dans la possibilité donnée au public de rencontrer les réalisateurs invités.
Côté programmation, nous avons été surtout à la découverte de jeunes auteurs, plutôt que de reprendre les œuvres de cinéastes déjà reconnus et plusieurs fois primés. Huit des onze films en compétition sont des premières ou des deuxièmes œuvres, relève le directeur du Festival Martial Knaebel. Amérique latine et surtout Afrique à cause de leurs difficultés économiques et sociales restent malheureusement un peu à la traîne.
Un panorama du cinéma du Kazakhstan complète la compétition. Au carrefour des influences européennes et de l’Asie, ce pays, qui produit bon an mal an une dizaine de films, présente un cinéma original et de qualité.
La carte blanche offerte à l’occasion des 10 ans de Trigon Films, principal distributeur des films du tiers monde en Suisse, permettra de voir des films importants qui n’ont jamais été distribués en Suisse. Figure enfin au programme une rencontre avec les documentaristes brésiliens Cesar et Marie-Clémence Paes. Ce couple de cinéastes incarne parfaitement ce que veut être le Festival de Fribourg: un regard croisé entre le Nord et le Sud.
De regards croisés, il en sera aussi question avec l’organisme de volontaires E’Changer, anciennement Frères sans Frontières, qui fête cette année son 40e anniversaire. Invité du Festival, E’Changer présentera son travail, notamment à travers une sélection de documentaires vidéo.
Comme chaque année aussi, les écoles sont associées à la démarche. Les élèves des collèges et de plusieurs écoles secondaires auront ainsi la possibilité d’approcher un cinéma qui tranche avec les super-productions américaines.
Enfin le Festival reconduit le «circuit des films du Sud ” qui permet la diffusion dans une trentaine de localités suisses de sept des films projetés à Fribourg. Ces films bénéficient de copies neuves et sont sous-titrés en français et en allemand. (apic/mp)



