L’offre de la paroisse était un maximum de 5, le Collectif en veut 30
Fribourg: 30 sans-papiers veulent continuer l’occupation de l’église de Saint-Paul
Fribourg, 21 août 2001 (APIC) Face aux «conditions sine qua non» du conseil de paroisse, l’épreuve de force ne sera peut-être pas évitée dans l’affaire des sans-papiers qui occupent depuis 78 jours l’église de Saint-Paul. Le Conseil de paroisse dit s’en remettre à la décision du préfet. Ce dernier déclare dans un communiqué de presse attendre la prise de position du conseil de paroisse.
Le préfet veut également examiner un élément nouveau: l’intervention d’un avocat, Me Rainer Weibel, désormais mandaté par le Collectif, ainsi que par le Centre de contact Suisses-Immigrés/SOS Racisme Fribourg (CCSI), pour défendre leurs intérêts par rapport à l’occupation de l’église Saint-Paul. Le préfet n’étant pas en mesure pour l’instant de faire des déclarations complémentaires, il informera les médias «en temps utile» de la suite qui sera donnée à ces démarches.
Le Collectif des sans-papiers de Fribourg, estimant avoir fait «de larges concessions», a certes fait mardi une contre-proposition: 30 sans-papiers veulent rester sur place. Mais l’offre de la paroisse, qui semblait lundi non négociable, était un maximum de 5. Et ce seulement jusqu’au 17 septembre prochain, date de l’ouverture de la session d’automne des Chambres fédérales, qui devraient être saisies du dossier des sans-papiers.
Eviter une intervention policière
Dans une lettre adressée au conseil de paroisse de Saint-Paul, au préfet Nicolas Deiss et à l’évêque diocésain Mgr Genoud, le Collectif affirme qu’il y a une stratégie concertée «mise au point par l’Evêché, le conseil de paroisse et la préfecture de la Sarine, sous la pression des autorités politiques» visant «une nouvelle fois à déstabiliser le légitime mouvement des sans-papiers».
Après l’ultimatum jusqu’au lundi 20 août pour évacuer les locaux paroissiaux, posé par le préfet de la Sarine le Collectif dit dans sa lettre avoir accepté d’entrer en matière partiellement sur la dernière proposition du conseil de paroisse. Mais elle veut la négocier, alors que le président de paroisse, Etienne Gruber, a déclaré qu’il s’agissait d’une condition «sine qua non», qui, en cas de non respect, entraînerait immédiatement la demande d’intervention de la force publique. Le Collectif considère qu’en évacuant les locaux, il est allé largement dans le sens des demandes du conseil de paroisse.
Les sans-papiers affirment vouloir rester à 30 dans l’église notamment parce que 21 d’entre eux ont perdu leur logement et se trouveraient autrement à la rue. Ils proposent donc, pour que le Collectif puisse maintenir son existence en tant que tel, de fixer une présence minimale dans l’église de 30 personnes. Dans une autre lettre adressée au préfet Nicolas Deiss, l’avocat Rainer Weibel argumente que l’utilisation par les membres du Collectif de l’église Saint-Paul est légale, à condition que soient respectées les exigences légales en matière d’hygiène et de sécurité et garantie l’utilisation des locaux par les curés compétents et les croyants de la paroisse.
Avocat mandaté
Les mandataire de Me Weibel – qui souhaitent que le préfet rende désormais ses décisions par ordonnances, pour que les recours soient – contestent la compétence du conseil de paroisse de Saint-Nicolas et Saint-Paul de se prononcer sur l’utilisation de cette église comme espace public destiné à une utilisation de culte. Pour l’avocat fribourgeois, la compétence dudit conseil se restreint à l’utilisation du Centre paroissial. Il estime également que le fait d’avoir consenti à l’occupation depuis deux mois et demi équivaut à un contrat de prêt et d’utilisation des lieux occupés. Or, à ses yeux, «la résiliation d’un tel contrat ne peut pas être jugée par le préfet en sa fonction policière», mais il revient à un juge civil de se prononcer sur requête des propriétaires légitimés sur une éventuelle expulsion. (apic/be)



