Une évolution et un développement pour de multiples objectifs
Fribourg: 50 bougies pour Caritas-Fribourg (181093)
Fribourg, 18octobre(APIC) Le 26 octobre prochain, Caritas-Fribourg marquera d’une pierre blanche son cinquantième anniversaire. Née dans le prolongement du Bureau de Charité aux dimensions cantonales et diocésaines
créé par Léon Genoud en 1919, Caritas-Fribourg va devenir dès le 26 octobre
1943 une section de Caritas-Suisse. Ne cessant dès lors de multiplier et
développer ses activités en faveur des démunis, des requérants d’asile ou
autres personnes cabossées. Un demi-siècle plus tard, la section fribourgeoise demeure plus que jamais «l’oeuvre sociale» de l’Eglise catholique
cantonale .
Les archives de Caritas livrent très peu de renseignements sur la période du Bureau de Charité et les dix premières années de son existence. Elles
révèlent cependant que l’institution avait pour triple mission de traiter
les situations trop difficiles pour les centres paroissiaux, de stimuler la
création d’institutions dans l’Eglise catholique et de représenter cette
dernière auprès des oeuvres neutres et officielles. Une mission qui, aujourd’hui, se traduit en cinq principaux objectifs: accueillir, écouter,
orienter, accompagner et témoigner.
Archives peu abondantes, mais suffisantes pour découvrir que dès le milieu du siècle, Caritas-Fribourg va exercer des activités dans les domaines
les plus divers. Pour constater aussi que l’histoire de l’oeuvre caritative
durant ces quarante dernières années est fortement liée à deux personnalités, à deux de ses directeurs, le Père Victor Vermot, de 1951 à 1976, et
Auguste Oberson, de 1976 à 1990. Le directeur actuel, Max Hayoz, succédant
à ce dernier.
L’ère Vermot
Le Père Vermot, directeur pendant 25 ans, a marqué Caritas-Fribourg par
son esprit d’initiative et de générosité. On doit à cet infatigable
pionnier la création d’un service social polyvalent, l’ouverture du Bureau
pour la vieillesse, l’organisation de colonies de vacances pour des enfants
de santé déficiente et surtout la réorganisation de nombreuses institutions
sociales. Cette dernière réalisation étant motivée par le fait que l’Etat
de Fribourg avait accueilli, au début du siècle, plusieurs communautés
religieuses, les chargeant de s’occuper d’enfants handicapés physiques ou
mentaux. Il devenait urgent de donner un nouvel essor à ces maisons qui
n’avaient pas su ou pas pu évoluer.
Durant cette même période, la Caritas régionale a participé aux destinées de plusieurs institutions: le Foyer St-Etienne, l’Institut des Peupliers, le Château du Bois ou encore Les Platanes, pour n’en citer que
quelques-unes.
Evolution récente
Si la période des années «Vermot» a été marquée par la restructuration
et la mise en place de nombreuses institutions, il revient à Auguste Oberson, directeur avant l’ère Hayoz, d’avoir doté Caritas-Fribourg de structures plus solides et plus professionnelles. Dès les premiers mois de son
mandat, il convoquera une assemblée générale d’où sortira un nouveau comité. Suivront alors la mise en place du service de conseils juridiques gratuits, la création d’un fonds en faveur des ressortissants du tiers monde
ainsi qu’un service de travail à domicile pour des dames disposant d’un
budget serré. Enfin, l’arrivée massive de ressortissants du Sud-Est asiatique allait déboucher en 1979 sur la création d’un service des réfugiés.
Dans les années 80, Caritas-Fribourg étend ses activités en ouvrant le
magasin «Fairness», qui propose depuis des articles du tiers monde vendus à
des prix justes, puis le vestiaire et le bric-à-brac où l’on trouve des articles de seconde main. D’autres réalisations viendront encore s’y ajouter,
pour répondre aux problèmes sociaux croissants: Le Tremplin, qui s’occupe
de toxicomanie et de délinquence, Caritout, qui reprendra le bric-à-brac et
le vestiaire dans le but de réaliser un programme d’aide aux chômeurs.
L’organisation fribourgeoise assume en outre seule depuis le mois de janvier 1992 toutes les auditions des requérants d’asile (Coordination ROE).
En 1987, la Caritas régionale lance un projet d’accompagnement des malades et mourants. Cette dernière initiative marquant une étape importante
dans le sens d’une ouverture aux paroisses et mouvements d’Eglise. Ce contact avec les communautés paroissiales et en particulier avec les Conférences de St-Vincent-de-Paul constitue une priorité dans les objectifs que
s’est fixés Max Hayoz, le directeur actuel.
Avec les années, l’éventail des activités de Caritas s’est condérablement étoffé, tout comme se sont développées ses structures pour mieux
s’adapter à la demande. Mais la médaille a son revers. A l’essor de Caritas-Fribourg ont correspondu des difficultés financières, elles aussi
croissantes, à tel point que l’existence même de ce qui constitue sans doute le pilier central de Caritas, le service social polyvalent, se voit désormais remise en question.
Pour la Caritas régionale l’enjeu ne saurait se résumer à la seule équation financière. Plus qu’une péripétie dans l’histoire de l’institution,
«c’est peut-être bien son avenir qui se joue et, au-delà de la crise financière, c’est la question de l’identité de Caritas-Fribourg qui se pose».
Pour marquer l’événement que constitue son cinquantenaire, Caritas-Fribourg organise une fête le 23 octobre. Celle-ci débutera à 15 heures à
l’église du Christ-Roi à Fribourg par une messe présidée par Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse. Cette messe sera suivie de plusieurs manifestations, et notamment par l’évocation de différents thèmes animés par des
groupes de réflexion, dans le bâtiment de Caritas. Une journée portes-ouvertes, qui s’est déroulée le 12 octobre dernier, avait d’ores et déjà lancé ce demi-siècle d’existence.
ENCADRE
Une page se tourne pour la boutique «Fairness» sise à la rue de Lausanne,
fermée le 1er octobre dernier. «Ce magasin a toujours été exploité en marge
des activités de Caritas-Fribourg. Mais Il faut convenir que la récession
et le chômage sont à l’origine de la décision du comité. Les produits
«Fairness» étaient de moins en moins vendus, entraînant une chute du chiffre d’affaires et des pertes très importantes», explique Max Hayoz. Qui se
veut rassurant: «Rien n’indique et n’empêche qu’un autre projet redémarre
dans le futur».
Au chapitre de la réalité financière, le directeur relève que la Caritas-Fribourg, vit grâce à l’aide de l’Eglise «puisque nous sommes son oeuvre d’entraide», en particulier de l’aide de l’administration des tâches supraparoissiales du canton, du Bureau interparoissial de Fribourg (BIP) et
de l’apport des donateurs et des paroisses. Il souhaite que les structures
financières en général de Caritas soient à l’avenir prises en charge, en
grande partie du moins, par l’Eglise cantonale issue du futur statut ecclésiastique. «Aussi longtemps que tel n’est pas le cas, nous aurons toujours
des difficultés financières», assure-t-il avant de faire remarquer que les
dons ont beaucoup diminué en raison de la mauvaise conjoncture. «Nous n’en
continuons pas moins à oeuvrer dans le sens de nos objectifs. Les gens ont
moins d’argent. Nous aussi et pourtant nous devons aider davantage. Notamment en se procurant les moyens par un appel de fonds. Le Comité et une
Commision se sont engagés dans ce sens».
Les perspectives d’avenir? «Demeurer fidèles à nos objectifs, voire les
renforcer et les dépasser; travailler davantage dans le terrain, en étroite
collaboration avec les paroisses et les communes; promouvoir la collaboration au niveau du partenariat avec les autorités et d’autres services et
institutions; planifier et réaliser de nouvelles activités répondant aux
besoins de la population cantonale dans le besoin – un magasin alimentaire
pour personnes défavorisées devrait ouvrir dès janvier prochain -. «Nous
n’abondonnons pas. La foi engage l’ensemble des collaborateurs de CaritasFribourg», conclut Max Hayoz. (apic/bb/pierre rottet)



