Défense d’un journalisme de qualité et de la liberté du journaliste

Fribourg: 6ème Fête des journalistes catholiques de Suisse

Fribourg, 10 mars 2002 (APIC) La défense d’un journalisme de qualité et de la liberté du journaliste ont été au c?ur de la 6ème Fête des journalistes catholiques de Suisse qui s’est tenue samedi à Fribourg. A cette occasion, le président de l’Association suisse des journalistes catholiques (ASJC), le Père Bruno Holtz, a plaidé pour une «mondialisation à visage humain», thème du congrès mondial de l’UCIP qui a réuni en septembre dernier à Fribourg quelque 600 journalistes du monde entier.

Dans une allocution prononcée lors de cette fête, Roger de Diesbach, rédacteur en chef du quotidien fribourgeois «La Liberté», a affirmé qu’un journal moderne qui respecte son lectorat se doit d’être absolument indépendant: économiquement, politiquement, religieusement. «Ne pas l’être serait suicidaire», a-t-il lancé devant un parterre d’une quarantaine de professionnels catholiques réunis dans les locaux du Musée Gutenberg.

Quelques voix discordantes

Face aux attaques plus ou moins feutrées d’une «infime minorité de nos lecteurs catholiques qui ont choisi de boycotter notre journal» – parce qu’ils le jugent «pas assez respectueux des silences du Vatican ou, le plus souvent, pas assez soumis à l’une ou l’autre chapelle de l’Eglise catholique» – Roger de Diesbach a mis en garde contre les risques encourus.

En effet, un journal comme «La Liberté» est petit et fragile et la concurrence est farouche. Grâce à son refus de passer la brosse à reluire aux pouvoirs politiques, judiciaires, économiques et religieux, le journal fribourgeois – que plus personne ne qualifie de «Sainte Menteuse» ou de «Pravda de Pérolles» – a connu toutes ces dernières années une hausse annuelle de 500 abonnés, «un cas unique en Suisse» .

Dans le sillage de François Gross

Les rares lecteurs opposés à l’ouverture du journal osée il y a plus de trois décennies par François Gross et poursuivie par ses successeurs devraient savoir, a-t-il souligné, qu’un journal d’opinion catholique romand n’est pas viable et devrait être subventionné par l’Eglise à raison de 2 ou 3 millions de francs par an au minimum. «Ce qui n’est guère raisonnable ni possible!». «La Liberté», a-t-il poursuivi, si elle ne se bat plus aujourd’hui pour une religion, reste fidèle au valeurs de ses fondateurs, en défendant des valeurs éthiques comme l’ouverture de la Suisse, les droits de l’homme, la justice sociale, la solidarité envers les pays du Sud, le respect des différences…

Dans ce sens, la religion, qui est au c?ur de l’homme et de la société, n’est plus enfermée dans un «ghetto», mais se retrouve traitée journalistiquement dans toutes les rubriques. De plus, la page «Eglise» du samedi s’est transformée en page «religions», désormais animée par un groupe interconfessionnel de quatre journalistes sous la responsabilité de Patrice Favre.

L’ASJC à la recherche de nouveaux membres

L’ASJC tenait samedi son assemblée générale sous la présidence du Père Bruno Holtz, qui quittera son poste en 2003 et cherche un successeur. Cette organisation de journalistes et d’informateurs religieux compte actuellement 125 adhérents en provenance de toutes les parties linguistiques de la Suisse. Elle est membre de l’UCIP.

Dressant le bilan de l’année écoulée, Bruno Holtz a estimé que l’ASJC, dont les effectifs sont en légère diminution (moins huit par rapport à l’année précédente) doit absolument trouver de nouveaux membres afin d’assurer la relève et de financer le budget de fonctionnement. Ces dernières années, l’association essuie à chaque exercice un déficit de près de Fr. 4’000.–, son capital disponible ayant fondu à quelque Fr. 21’000.-L’ASJC organise diverses activités, comme son traditionnel Club de la presse et son Prix Médias national, et soutient la mise sur pied d’un Réseau de jeunes journalistes (RJJ) en collaboration avec l’UCIP. Le RJJ – toujours embryonnaire! – a participé, avec plusieurs centaines d’autres collègues du monde entier, au rassemblement des jeunes journalistes en ouverture du Congrès mondial de l’UCIP. Mais comme le Réseau ne rencontre peu d’intérêt en Suisse, la question se pose donc du maintien d’une telle structure.

«Suisse SA. La Suisse n’est-elle plus qu’une société anonyme ? «

Destiné à honorer les talents de jeunes professionnels ou de débutants dans le métier, le «Prix Médias national 2002 pour jeunes journalistes», sur le thème «Suisse SA. La Suisse n’est-elle plus qu’une société anonyme ? «, a récompensé cette année un seul travail, celui du Togolais Agbenouvon Kodjotsè Elom, étudiant à l’Université de Fribourg.

Deux nouveaux membres d’honneur ont également été reçus au sein de l’ASJC: la Saint-Galloise Rosmarie Früh et le Jurassien José Ribeaud. Rosmarie Früh a été rédactrice pendant plus de 25 ans au sein de la rédaction du quotidien saint-gallois «Die Ostschweiz» – aujourd’hui disparu – et est depuis 7 ans attachée de presse du diocèse de Saint-Gall.

Journaliste, écrivain, biographe des conseillers fédéraux Kurt Furgler et Flavio Cotti, ancien directeur du TJ romand à Zurich et vice-rédacteur du TJ national durant 15 ans, José Ribeaud a été pendant 5 ans rédacteur en chef de «La Liberté». Aujourd’hui, cet «ami des gens», comme l’a qualifié samedi Antonio Riva, ancien directeur général de la SSR, est engagé à Antsirabé, sur les Hauts Plateaux de Madagascar, au développement d’une radio libre diocésaine, Radio Haja, «dignité» en langue malgache. (apic/be)

10 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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