Une place à part dans le paysage médiatique suisse et international

Fribourg: 80 ans de l’Agence de presse internationale catholique APIC/KIPA

Berne, 28 avril 1997 (APIC) «Après la Bible, le bulletin KIPA/APIC est la première lecture de ma journée», a expliqué lundi à Berne Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire à Zurich. 80 ans après sa fondation, l’Agence de presse internationale catholique APIC/KIPA occupe une place spécifique au sein du paysage médiatique suisse et international. Une plaquette de 80 pages qui retrace les principales étapes de la vie de l’agence et ouvre une porte sur l’avenir a été présentée lundi à la presse. L’anniversaire sera célébré officiellement le 7 mai à l’Université de Fribourg.

L’Agence de presse internationale catholique APIC/KIPA fournit en français et en allemand à plus de 500 clients en Suisse et dans le monde une information continue sur la vie des Eglises chrétiennes et des autres religions. Les droits de l’homme, le développement la protection de l’environnement, sont d’autres domaines de sa sphère d’intérêt.

Malgré ce qu’on peut lire ou dire parfois, l’intérêt des médias pour les questions religieuses et ecclésiales, reste important, a constaté Alois Hartmann, président de la coopérative APIC/KIPA.

L’Agence se doit d’aller encore d’avantage à la rencontre des intérêts et de la demande des lecteurs. Pour mieux répondre à ce défi, l’APIC/KIPA a depuis deux ans, entrepris diverses mesures de restructuration. La rédaction a été renouvelée, la base financière renforcée, le cercle des membres de la coopérative élargi, le parc informatique entièrement modernisé.

L’APIC a pu affirmer sa crédibilité parce qu’elle est toujours restée indépendante de la hiérarchie ou des institutions catholiques, a relevé de son côté le rédacteur en chef Jacques Berset. Certes, elle se réfère explicitement aux valeurs chrétiennes, mais sans confessionnalisme étroit et sans parti pris. Si elle s’oriente aujourd’hui davantage vers le marché, l’APIC restera toujours attentive à ne pas perdre son âme.

Fidèle à l’esprit de son fondateur Ferdinand Rüegg, l’APIC/KIPA a su en outre défendre son caractère international. Elle travaille aujourd’hui en pool avec ses homologues belge, allemande et autrichienne, et entretient avec les agences partenaires un bureau de correspondants à Rome. Ses informations sont diffusées bien au-delà des frontières helvétiques, en Europe et dans le monde entier. e «La KIPA, première lecture de la journée après la Bible !»

«Après la Bible, la KIPA est la première lecture de la journée» a expliqué Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire à Zurich et responsable des médias au sein de la Conférence des évêques. Pour l’Eglise, l’existence d’une agence de presse spécialisée telle que l’APIC se justifie tant au niveau externe qu’interne.

On parle volontiers des rapports un peu troubles entre l’Eglise catholique et les médias. Cela tient à plusieurs difficultés. L’Eglise a pour mission unique de propager le message de l’Evangile. Elle doit donc se rendre visible, mais ne jamais oublier que le message passe avant l’institution.

A priori la Bonne Nouvelle n’est pas très médiatique. De nos jours, la presse ne peut plus être considérée comme la chaire, ou le haut-parleur de l’Eglise, elle est plutôt un forum ou une «une place de marché» où chacun vient faire ses emplettes. Or le message chrétien n’est pas à vendre. Comment les médias peuvent-ils alors transmettre ce message? Mgr Henrici, propose une participation indirecte par l’analyse et le commentaire de l’actualité ou par le biais de la présentation du témoignage de personnes qui vivent de leur foi. Dans les deux cas l’APIC/KIPA a un rôle à tenir.

A un autre niveau, l’Eglise en tant que «communion» vit aussi de la communication interne. Les médias de masse s’intéressent en priorité à l’institution et à ses dignitaires. Ils sont donc peu aptes à rendre ce service de médiation entre le haut et le bas et vice-versa. En développant des thèmes que le grande presse ne traite pas, en fournissant de la matière à la presse spécialisée, en apportant des éléments de réflexion, l’APIC a là aussi un rôle spécifique, a conclu Mgr Henrici. (apic/mp)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!