De la politique à la vie contemplative
Fribourg: Ancienne députée et Conseillère communale, Madeleine Duc entre à la Visitation
Fribourg, 28 janvier 1998 (APIC) L’ancienne conseillère communale et députée fribourgeoise Madeleine Duc-Jordan est entrée samedi dernier au monastère de la Visitation à Fribourg. Après plus de 25 ans d’engagement politique, la politicienne chrétienne-sociale, âgée de 55 ans, a choisi la voie du silence. Une décision qu’elle a mûrie depuis son départ du Conseil communal en 1996.
Cette nouvelle orientation ne surprend pas les militants du parti chrétien-social, ni les gens qui connaissent Madeleine Duc car elle s’inscrit dans la ligne de ses engagements antérieurs. Après 25 ans de Grand-Conseil et 14 ans de Conseil communal, elle avait exprimé en 1996 le besoin de faire le point sur ses choix de vie. Un an d’études théologiques au Centre Sèvres, à Paris, lui a permis de prendre la distance nécessaire et d’approfondir son désir de vie contemplative. Après un temps de discernement et divers séjours au sein de la communauté de la Visitation qu’elle fréquentait déjà depuis quelques années, Madeleine Duc a présenté à la fin de l’an dernier sa demande formelle d’entrer au monastère de la Rue de Morat.
Devenue veuve très jeune – après la mort prématurée de son mari François Duc – , la citoyenne de Domdidier a fait partie de la première volée de femmes élues au parlement cantonal en 1971. Elle siégera au Grand-Conseil jusqu’en 1996 après l’avoir présidé en 1994. En 1982, elle reprend le siège chrétien-social au Conseil communal de la ville de Fribourg où elle est la première femme. Désignée comme permanente, elle aura la charge de l’aménagement et de la circulation, des affaires sociales et des écoles. Autant de mandats politiques où elle aura à cœur d’appliquer une sensibilité sociale marquée dans la droite ligne de sa formation en travail social. Préférant généralement la négociation et le consensus à l’affrontement politique direct, elle saura néanmoins défendre ses objectifs et faire passer ses projets.
Outre cette fibre sociale, Madeleine Duc a également défendu une sensibilité féminine en particulier à la tête de la Commission cantonale pour les questions féminines. Ces longues années d’engagement en feront une personnalité politique connue et reconnue au-delà des frontières fribourgeoises, même si elle n’a jamais siégé au niveau national.
Son ouverture au monde et aux questions humanitaires s’est manifestée en particulier lors du génocide du Rwanda où elle a payé de sa personne non seulement en se rendant sur place, mais en organisant l’acheminement d’aides et l’accueil temporaire de réfugiés en Suisse.
«Ce changement de vie n’entraîne pas un abandon, au contraire, c’est une autre façon de porter les causes pour lesquelles je me suis toujours engagée. Je crois à la force de la prière qui, en s’ouvrant à Dieu, s’ouvre au monde», écrit Madeleine Duc. Son cheminement n’est cependant pas terminé. Elle suivra le cursus normal des Visitandines. Ce sont ces premiers pas dans la vie contemplative. Elle sera d’abord postulante, puis fera le noviciat, avant de prononcer ses premiers vœux, d’ici quelques années, a expliqué mardi le couvent de la Visitation. (apic/lib/mp)



