Guérir les séquelles du génocide de 1994 au Rwanda

Fribourg: Assemblée de l’Association APAX pour l’Education aux Valeurs de la Paix

Fribourg, 18 juin 2007 (Apic) Une trentaine de membres et sympathisants de l’Association APAX – qui soutient depuis Fribourg des actions de médiation pour guérir les séquelles du génocide de 1994 au Rwanda – se sont retrouvés vendredi soir pour leur assemblée annuelle à la salle Afrika, à l’Africanum, chez les Missionnaires d’Afrique.

La philosophie de la médiation pour résoudre les conflits, par une approche « gagnant-gagnant », est à la base de l’Association APAX pour l’Education aux Valeurs de la Paix. Cette association suisse, présidée par Anton Brülhart, de Guin, ancien ingénieur-forestier cantonal qui avait travaillé à Kibuye au service de Coopération technique suisse dans les années 70, organise notamment des repas africains à l’Africanum, à Fribourg. Son but : soutenir avec l’argent récolté des actions de médiation dans ce pays encore traumatisé par le génocide de 1994.

Fondée en 2001 par un groupe d’amis d’une religieuse rwandaise, Soeur Donata Uwimanyimpaye, licenciée en psychologie de l’Université de Fribourg, elle a décidé de soutenir son travail en faveur de la réconciliation lors de son retour au pays. L’Association compte actuellement 17 membres et 61 sympathisants.

Dans un Rwanda déchiré par un conflit interethnique qui s’est transformé en génocide, la religieuse avait tenté un pari fou: mettre en pratique les cours de médiation suivis en Suisse et aux Etats-Unis en 1999. Ce projet d’éducation chrétienne aux valeurs de la paix, né à Fribourg, se poursuit maintenant sur le terrain.

30 personnes, dont 7 Africains et 5 anciens volontaires-coopérants ont assisté à l’assemblée, au cours de laquelle Anton Brülhart a rapporté ses impressions du « pays des mille collines » qu’il a visité avec sa famille fin 2005. Il voulait constater «de visu» l’avancée des programmes de médiation à Muramba et visiter des micros projets soutenus par l’APAX. Cette modeste association a permis tout de même de soutenir – pour un montant de 4’000 francs – des sessions qui ont rassemblé 520 personnes.

Elles ont notamment porté sur la médiation avec soi-même et les blessures spirituelles, et sur la gestion des conflits et son impact sur les communautés. 3’100 francs ont été en outre octroyés pour le parrainage d’élèves indigents, tandis que 2’000 francs étaient attribués pour développer l’école gardienne de Janja. Une même somme a servi pour d’autres sessions de formation.

En 2008, l’APAX va poursuivre ses efforts dans le domaine de la médiation, car le génocide qui a fait quelque 800’000 morts va encore marquer pendant longtemps la société rwandaise. Elle va aussi continuer son soutien à l’artisanat local (savonnerie, fours communautaires, fabrique de craies et de bougies, etc.) à Muramba et Janja. L’association finance également une installation d’énergie solaire photovoltaïque.

Ces micros projets concernent de plus l’étude de la pratique de la non violence évangélique et l’entraînement à la résolution des conflits. Anton Brülhart salue le fait qu’APAX est avant tout un projet imaginé, créé et géré entièrement par des Rwandais. Il correspond aux demandes émanant de la population elle-même. Grâce à la dynamique encouragée depuis Fribourg, des petits foyers de paix et de développement prennent naissance dans ce pays ravagée par la guerre il y a une bonne décennie. JB

Encadré

La médiation, «un instrument universel pour la paix, ancré dans les valeurs de l’Evangile»

Présidée par Anton Brülhart, l’association APAX a vu le jour à l’initiative de feu le Père dominicain Roger Berthousoz, professeur à l’Université de Fribourg – il avait été ordonné diacre à Butare, au Rwanda -, d’Alexandrette Bugelli, professeur de théologie pastorale à la retraite, et du Père Claude Maillard, Père Blanc de Fribourg. Pour les fondateurs de cette organisation, la médiation est «un instrument universel pour la paix, profondément humain et ancré dans les valeurs de l’Evangile».Soeur Donata, présente à Fribourg, lors des tragiques massacres de 1994 au Rwanda, a voulu apporter sa contribution à la reconstruction de son pays. Son mémoire de licence intitulé «Entraînement à la médiation des conflits» a attiré l’attention de ses amis qui en ont saisi l’enjeu, et ont décidé de soutenir sa démarche. (apic/be)

18 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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