Une seule corporation ecclésiastique pour l’ensemble du canton

Fribourg: Assemblée ecclésiastique catholique provisoire (120694)

Fribourg, 12juin(APIC) Lors d’un vote indicatif, les délégués de l’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire du canton de Fribourg ont nettement appuyé samedi la proposition de ne former qu’une seule corporation

cantonale regroupant les deux parties linguisitiques. Le Statut garantira

néanmoins l’autonomie de l’organisation pastorale gérée par deux vicariats

épiscopaux différents.

Réunie samedi à la chapelle de Regina Mundi, l’assemblé ecclésiastique a

consacré l’essentiel de ses débats au second rapport intermédiaire de la

commission II chargée d’organiser la future corporation cantonale. Cette

dernière aura pour mission essentielle de gérer les contributions financières des paroisses destinées aux tâches touchant l’ensemble du canton ainsi

que le diocèse. Actuellement cette tâche est assurée par la caisse des tâches supraparoissiales pour la partie francophone et par l’Association des

paroisses alémaniques pour la partie germanophone.

Michel Monney (Fribourg), président de la Commission II, a rappelé que

l’organisation actuelle de l’Eglise catholique dans le canton de Fribourg

se base sur deux entités linguisitques dépendant chacune d’un vicaire épiscopal. Il importe donc de respecter cette autonomie pastorale afin que les

Alémaniques acceptent l’établissement d’une seule corporation cantonale. De

plus la frontière des langues n’est pas aussi nette qu’on veut bien le

croire. Beaucoup de germanophones, dépendant du vicariat de langue allemande, résident dans des paroisses francophones et vice-versa. La création

d’une seule corporation cantonale, tout en garantissant l’autonomie en matière d’organisation pastorale, apparaît donc comme la meilleure solution.

Une proposition soutenue par Kanis Lehmann (Ueberstorf) qui précise que

les paroisses pourront toujours se regrouper pour négocier entre elles la

gestion de tâches organisées dans une région déterminée. Lors du vote indicatif la proposition de la Commission est approuvée par 63 voix sans opposition et 5 abstentions.

C’est également à une large majorité que l’Assemblée a confié à cette

corporation cantonale une double gestion financière: celles des tâches cantonales et celle des emplois pastoraux. Une décision cependant soumise à

une réserve puisque deux autres commissions planchent encore actuellement

sur la rémunération des prêtres et des laïcs oeuvrant en Eglise.

Une assemblée ecclésiastique définitive de 90 membres

Elisabeth Koerfer (Charmey), vice-présidente de la Commission II a présenté ensuite les propositions pour la composition de la future Assemblée

ecclésiastique, organe législatif définitif de la corporation cantonale.

Elle comportera 90 membres: 60 délégués des paroisses, 10 représentants des

prêtres ou agents pastoraux, 10 membres désignés par l’évêque, 5 représentants des communautés religieuses et 5 des mouvements reconnus par l’Eglise.

Le mode d’élection des délégués paroissiaux aura lieu en deux phases.

Lors des assemblées de paroisse on désignera des «grands électeurs» présentées par les conseils de paroisse et de communauté. Ces «grands électeurs»

éliront alors par décanat les délégués à l’assemblée cantonale. Pour Monique Castella (Posieux) soutenue par Michel Scailoa (Villaz-st-Pierre) et

Denis Gendre (Semsales) ce système est trop compliqué et peu démocratique.

Les assemblées de paroisse ne sont souvent guère représentatives de la

communauté paroissiale. Une élection populaire en une seule phase paraît

plus adéquate. Michel Bavaud (Treyvaux) y trouve par contre une occasion de

relancer l’intérêt des catholiques pour leur asssemblée de paroisse. Lors

d’un vote indicatif, les délégués acceptent la proposition de la Commission

II par 49 voix contre 10 et 5 abstentions.

Autre discussion nourrie, celle portant sur la possibilité de référendum

financier qui pourra être demandé par 15 paroisses regroupant au moins dix

mille fidèles. «Une épée de Damoclès qui risque d’enrayer les travaux de la

future assemblée», craint Gérald Berger (Cousset). La majorité des délégués

a finalement tenu à garder ce droit de référendum qui constitue un moyen de

contrôle pour les paroisses.

Enfin les délégués ont fixé à cinq ans la durée du mandat pour le présidents, les vices-présidents et les scrutateurs de la future assemblée cantonale. (apic/bb/mp)

12 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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