Nécessité d’une structure ecclésiastique cantonale
Fribourg: Assemblée écclésisatique catholique provisoire (260993)
Fribourg, 26septembre(APIC) L’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire du canton de Fribourg s’est penchée samedi sur la création d’une collectivité ecclésiastique cantonale. Les délégués, réunis dans la chapelle
de Regina Mundi à Fribourg, n’ont pas contesté la nécessité d’une structure
cantonale. Mais il faudra encore s’entendre sur sa forme: rassemblement de
tous les fidèles catholiques, fédération de paroisses ou solution mixte.
En ouverture de la séance, Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse, a répété
sa volonté de ne pas intervenir intempestivement dans les débats et les
compétences de l’assemblée. Il a mis en garde les délégués contre le danger
du manque d’ouverture à l’Eglise universelle. Théologiquement la structure
principale de l’Eglise est le diocèse, duquel les paroisses sont les subdivisions. Mgr Mamie déplore à ce propos que la loi cantonale réserve le
droit de prélever des impôts aux seules paroisses. Cette situation héritée
de l’histoire n’est pas tout à fait conforme à la structure ecclésiale.
Loin de lui pourtant l’idée de vouloir forcer la fusion des paroisses. Pas
de paroisse sans curé, dit-il même si beaucoup n’auront plus de prêtre résident dans les prochaines années. Chacune doit pouvoir conserver son caractère propre, assure l’évêque.
Michel Monney, rapporteur de la Commission II, constate qu’on a ouvert
plus de questions que donné de réponses. Même si on admet la nécessité
d’une corporation ecclésiastique cantonale, il reste à définir sa structure, ses tâches, son financement, son mode d’élection, sa compétence juridictionnelle, ses relations avec les organes pastoraux.
Trois solutions s’offrent pour la structure de cette corporation. Elle
peut être un rassemblement de tous les fidèles, ce qui correspond le mieux
à l’esprit de l’Eglise et au Droit canon. Elle peut être une fédération de
paroisses, ce qui faciliterait la péréquation financière et respecterait
mieux les traditions fribourgeoises. Enfin la troisième solution est celle
d’un organe bicaméral où fidèles et paroisses seraient représentés paritairement. Solution peut-être la plus équitable mais aussi la plus lourde administrativement. Enfin question supplémentaire: la partie germanophone du
canton doit-elle ou non former une organisation à part?. La Commission II
estime en fait qu’il n’y a pas lieu de bouleverser les structures actuelles, même si les questions du financement des ministères et celles des missions linguistiques doivent être repensées fondamentalement.
Questions prolongées par l’exposé du professeur Nicolas Michel sur le
principe de subsidiarité. Ce principe, défini par les derniers papes, veut
qu’une société d’ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne
d’une société d’ordre inférieur. Il garantit donc l’autonomie des paroisses
par rapport à une collectivité plus large. Mais attention, il faut que la
paroisse soit en mesure d’accomplir de façon satisfaisante ses tâches. Cela
amène aujourd’hui à se poser des questions fondamentales sur le rôle de la
paroisse, au moment où les prêtres sont beaucoup moins nombreux, où les
tâches pastorales se spécialisent et où la mobilité des gens est toujours
plus grande. Et Nicolas Michel de plaider pour la mise à jour par l’évêque
de constitutions synodales adaptées à ces changements – en même temps que
l’adoption de structures ecclésiastiques par l’Assemblée.
Quant à l’abbé Marc Donzé, professeur de théologie pastorale, il a rappelé – toujours à propos de la subsidiarité – que l’Eglise est avant tout
peuple de Dieu. Si elle a un aspect structuré et hiérarchique, elle a aussi
et avant tout un aspect charismatique, c’est-dire que chaque fidèle reçoit
les dons de l’Esprit-Saint. Et de plaider pour une structure ecclésiasitique cantonale en tant que corporation de fidèles. (apic/mp)




