Fribourg: Assemblée générale des Amis de l’Hôpital de la Paix d’Istanbul

Ne pas exporter un «modèle suisse» en Turquie

Fribourg, 20 avril 2004 (Apic) L’association des Amis de l’Hôpital de la Paix d’Istanbul a tenu son assemblée générale annuelle le 19 avril à Fribourg. Le soutien de l’association est hautement nécessaire pour assurer le développement de cet important centre de soins, à condition de ne pas exporter un «modèle suisse», relèvent les Soeurs de St-Vincent-de-Paul de la Province suisse.

Les participants à l’assemblée générale, qui s’est tenue au Home médicalisé de la Providence, ont insisté sur la nécessité de répondre aux besoins tels qu’ils s’expriment sur place par la direction et le personnel de l’Hôpital, souligne Sr Louise Pittet, assistante sociale, dans son compte-rendu de la rencontre. A cet effet, l’association, présidée par l’ancien conseiller d’Etat fribourgeois Raphaël Rimaz, remplacé lors de la séance par Françoise Eisenring, a relevé l’importance de l’échange de compétences en vue du bon fonctionnement de l’Hôpital de la Paix. Une telle initiative permettrait d’améliorer la conception des soins, d’achever la rénovation de certains services et de mettre en place un Conseil de direction.

Sr Pia Humbel, provinciale des Soeurs de St-Vincent-de-Paul en Suisse, se rend régulièrement sur place pour accompagner la communauté religieuse, formée de douze soeurs, impliquée depuis cinq ans dans le développement de cet hôpital. Et le soutien de l’association s’avère indispensable pour équiper la maison de matériel de base. En 2003, les Amis de l’Hôpital de la Paix ont contribué à l’acquisition d’une chaise roulante électrique, d’un lit orthopédique et de mobilier pour les chambres rénovées. Il a également participé aux frais de sortie des patients.

10% de patients âgés soignés gratuitement

Sur les quelque 150 pensionnaires âgés, 10% sont accueillis gratuitement en raison de leur situation de précarité. 55 autres malades chroniques bénéficient de réductions plus ou moins importantes. «Une des priorités de la communauté reste toujours l’accueil et les soins aux personnes démunies», a rappelé Sir Pia dans son rapport. Le manque à gagner, alors que le taux d’occupation approche les 100%, se monte à près de 66’000 francs suisses.

La viabilité de l’Hôpital, qui a plus de 150 ans, n’est pas en péril du point de vue financier, assure Sr Pia Humbel. L’équilibre de fonctionnement est atteint d’une part grâce à une augmentation des revenus en gériatrie, ainsi que par quelques entrées comme les bénéfices de la pharmacie, les revenus de locatifs, des dons et la présence des religieuses.

Le renouvellement de la communauté des Soeurs de St-Vincent-de-Paul devient problématique, souligne Sr Pia Humbel dans son rapport. Non seulement les vocations se raréfient en Europe, mais le permis de séjour a été refusé aux deux dernières religieuses que la Congrégation voulait envoyer à Istanbul. «L’avenir est donc dans l’embauche d’infirmières turques, ce qui est envisageable avec plus de sérénité maintenant que l’Hôpital est sorti des chiffres rouges», commente la provinciale suisse des Soeurs de St-Vincent-de-Paul. (apic/com/bb)

20 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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