Mgr Genoud veut prendre en compte les griefs des paroissiens
Fribourg: Contribuer aux paroisses pauvres du canton plutôt que sortir de l’Eglise
Fribourg,
(APIC) Mini révolution annoncée dans l’Eglise catholique du canton de Fribourg: les catholiques auront peut-être la possibilité de verser l’impôt ecclésiastique à une autre paroisse que la leur, par le truchement d’un fonds pour les paroisses pauvres. Une réponse partielle aux sorties d’Eglise et une façon d’entrer en matière sur les griefs des paroissiens, estime le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal de la partie francophone du canton de Fribourg.
Selon l’édition de jeudi du quotidien fribourgeois «La Liberté», l’évêque du diocèse Lausanne, Genève, Fribourg (LGF) préparerait une solution de rechange aux fidèles qui désirent sortir de l’Eglise en raison d’un différend avec le Conseil ou le curé de leur paroisse.
La nouveauté envisagée s’adresse à ceux qui acceptent d’accomplir leur devoir de solidarité mais qui sont en «rogne» avec leur paroisse. Un tel système aurait l’avantage d’entrer en matière sur les griefs des fidèles plutôt que de les voir refuser de payer leur contribution en signe de réprobation.
Les personnes qui coupent les ponts avec l’Eglise pour des raisons idéologiques ne sont en revanche pas concernées par la mesure préconisée par Mgr Genoud, précise le quotidien fribourgeois. «Cette solution restera exceptionnelle et un organisme sera chargé de statuer sur la validité des motifs invoqués dans les demandes.»
Sorties d’Eglise: flou statistique
Le vicaire Banderet ne cache pas que les conseils de paroisse risquent de mettre les pieds au mur, craignant une baisse de leurs rentrées fiscales. Il reconnaît également que le cadre juridique de l’alternative à laquelle pense Mgr Genoud n’est prévu ni dans la loi fiscale, ni dans la loi régissant les rapports Eglise-Etat. L’encaissement par la commune ou l’Etat, fréquent dans le canton, va également poser des difficultés, souligne l’abbé Banderet. «Une part importante des gens qui paient l’impôt ne s’en aperçoivent même pas, ce qui explique que les sorties d’Eglise restent marginales, explique le curé de Romont, l’abbé Jacques Martin.
Il n’existe pas de statistique sur les sorties d’Eglise dans le canton de Fribourg mais le vicaire épiscopal estime que l’introduction des nouveaux statuts de la Corporation cantonale en 1997 a fait quelque peu augmenter leur nombre. Le débat sur les sorties d’Eglise se focalise sur les enterrements civils de catholiques émancipés. Signe des temps, l’entreprise de pompes funèbres du boulevard de Pérolles, à Fribourg, a aménagé voilà deux ans la première chapelle funéraire civile du canton.
Enterrements civils: grandes disparités selon les endroits
Pour le vicaire Banderet, «on ne naît pas tous catholiques et on ne meurt pas tous croyants. Le prêtre doit respecter la volonté du défunt tout en accompagnant sa famille. La liberté d’appréciation laissée aux autorités pastorales crée de grandes disparités de traitement. Et que dire à quelqu’un qui, n’ayant pas payé son impôt ecclésiastique pendant 25 ans, demanderait sa réintégration à 78 ans.
Fribourg se distingue par le système de l’impôt obligatoire des autres cantons romands qui pratiquent plutôt la perception dans un pot commun puis la péréquation distributive. Si elles disposent de moyens importants, les paroisses fribourgeoises ont de lourdes charges pour entretenir leurs immeubles et les plus petites d’entre elles sont confrontées à de gros problèmes financiers. Peut-être les fusions apporteront-elles un début de solution, conclut le chanoine Banderet. (apic/ll/mjp)



