Pour cause de voile
Fribourg: Deux femmes musulmanes licenciées des accueils extrascolaires de la ville
Fribourg, 26 octobre 2005 (Apic) Deux femmes ont été licenciées des accueils extrascolaires pour cause de voile à Fribourg, révèle le quotidien fribourgeois «La Liberté» dans son édition de mercredi. La ville de Fribourg, avait posé l’alternative suivante à deux employées temporaires: le voile ou l’emploi. Les deux musulmanes ont été virées. Leur communauté demande des explications.
Selon le quotidien romand, les deux musulmanes avaient été engagées à la fin août en programme d’emploi temporaire dans les accueils extrascolaires de la ville de Fribourg. Mais elles ont été licenciées au bout de trois semaines. Du côté de la communauté musulmane, on évoque un licenciement «abusif et discriminatoire».
Une interprétation que réfute Marie-Thérèse Maradan Ledergerber, directrice des Ecoles et des affaires sociales: «Je ne suis pas raciste, ni xénophobe». Elle n’entend cependant pas transiger. La ville applique par analogie aux accueils extrascolaires les règles valables à l’école, indique la journaliste Madeleine Joye: «Le port du voile islamique par une enseignante ne peut être admis», avait écrit, en 1997, la Direction de l’instruction publique. Elle se fondait pour cela sur une décision du Tribunal fédéral relative à un cas genevois.
Selon la ville, des parents d’élèves ont élevé des protestations, n’acceptant pas ces deux femmes voilées. Licenciées avec effet immédiat, elles ont été payées normalement, selon les termes de leur contrat. Mme Maradan précise encore que, ayant informé le Conseil communal du problème, elle en a reçu un soutien unanime.
Quant à Mohamed Ali Batbout, président de l’association faîtière des musulmans de Fribourg (UAMF), il ne comprend pas ces licenciements, ni la manière dont ils ont été donnés. Il a donc demandé des explications à Erika Schnyder, qui préside la commission cantonale pour l’intégration et contre le racisme.
Autre affaire d’intégration.
Reste que la conseillère communale de Fribourg Marie-Thérèse Maradan Ledergerber est confrontée à une autre affaire d’intégration, née à l’école du Schoenberg, un quartier de la ville. Une partie du corps enseignant lui reproche le fait que la candidature d’une jeune institutrice – suisse d’origine turque – n’ait pas été retenue dans l’attribution d’un poste.
Cette jeune femme, ancienne élève de l’établissement, «a dû lutter pour obtenir le droit de vivre en Suisse», écrivent ses défenseurs en soulignant qu’elle s’est battue pour étudier tout en travaillant, «avec une constance et une détermination peu communes» – «un bel exemple d’intégration» à donner aux élèves migrants.
«Attristé et indigné» par le fait qu’elle n’ait même pas été reçue, les enseignants du Schoenberg invitent la Direction des écoles à faire preuve, à l’avenir, de plus de cohérence dans sa politique d’intégration. Pour la conseillère Maradan, il ne s’agit pas de politique d’intégration mais de choix professionnel. (apic/lib/mj/pr)




