L’association boucle ses comptes grâce
Fribourg: dissolution de Caritas Fribourg (210694)
au soutien de l’évêque et de Caritas Suisse
Fribourg, 21juin(APIC) L’assemblée générale de Caritas Fribourg a voté
lundi soir la dissolution de l’association. Une décision pénible eu égard à
l’immense travail accompli par l’oeuvre d’entraide des catholiques
fribourgeois depuis plus de 50 ans. Une décision inéluctable face à un excédent de charges de 413’000 francs en 1993 s’ajoutant aux 150’000 francs
de 1992. L’évêque du diocèse Mgr Pierre Mamie et Caritas Suisse ont acepté
de boucher le trou, mais il n’est pas question de continuer sur les mêmes
bases, a expliqué Elisabeth Koerfer, présidente ad interim.
Depuis plusieurs années déjà, Caritas Fribourg naviguait dans les chiffres rouges. Plusieurs causes ont été évoquées lundi soir. Des négligences
dans la gestion, le manque de soutien des paroisses et des instances ecclésiastiques, la trop grande concentration des activités en ville de Fribourg, des problèmes structurels et la décision de Caritas Suisse de ne
plus porter à bout de bras la Caritas régionale. Commentant la liquidation
de l’association, la présidente a utilisé l’image du paysan qui laboure sa
terre pour éliminer toutes les mauvaises herbes et pouvoir resemer au printemps. Le trou dans la caisse de Caritas Fribourg pourra être comblé grâce
à la générosité de Mgr Pierre Mamie qui versera 300’000 francs. Un montant
pris sur les réserves de l’évêché et non pas sur le budget du diocèse. De
même Caritas Suisse cédera une part importante de ses créances.
Au vote, l’assemblée a admis la dissolution de l’association par 34 voix
contre une. Subsisteront le service des réfugiés subventionné par la Confédération et le canton, cédé à Caritas Suisse, ainsi que l’accompagnement
aux mourants, un service bénévole dont l’abbé André Vienny continuera à
s’occuper.
La liquidation, mise en route en automne dernier, sera effective au 15
juillet, a expliqué Elisabeth Koerfer. Les six personnes licenciées à fin
mars ont toutes retrouvé un emploi à l’exception de l’ancien directeur. La
présidente a tenu également à verser à leurs destinataires toutes les sommes confiées à Caritas ou récoltées dans un but déterminé, c’est le cas
notamment de l’action de Noël en faveur des chômeurs et d’une école au Zaïre. Le dilemme de Caritas est qu’il est facile de trouver des dons à redistribuer mais qu’il est beaucoup plus difficile de trouver des fonds pour
financer les structures professionnelles qui sont pourtant nécessaires, a
relevé Elisabeth Koerfer.
La renaissance de Caritas viendra-t-elle du futur statut de la collectivité ecclésiastique cantonale? «Je ne peux faire aucune promesse», a expliqué Jacques Duccaroz, président de l’assemblée ecclésiastique provisoire.
Une des tâches de l’Eglise est certes la diaconie, c’est-à-dire le service.
On peut donc imaginer une prise en charge totale ou partielle par l’organisme cantonal des frais de structures de l’oeuvre d’entraide catholique.
Mais cela dépend des fonds mis à disposition par les paroisses qui gardent
leur souveraineté fiscale.
Pour le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal, la diaconie n’est
pas une matière à option. «Elle a la même importance que la catéchèse ou la
liturgie», souligne-t-il. Il s’agira donc de remettre rapidement l’ouvrage
sur le métier. Dans l’immédiat, une commision sera mise sur pied afin
d’évaluer les besoins et les moyens d’y répondre. Donner de l’argent n’est
pas encore aider. On peut imaginer une assistance caritative plus directe,
plus basée sur le bénévolat, notamment à travers les Conférences St-Vincent
de Paul. A moyen terme, le vicariat pourrait créer un poste d’animateur social chargé surtout de tâches de coordination entre les divers services
existants. (apic/mp)



