L’archéologie au service de la conception religieuse d’une région

Fribourg: Distinction israélienne à un spécialiste fribourgeois de la Bible

Fribourg, 11 mai 1998 (APIC) Othmar Keel, professeur d’Ancien Testament et spécialiste de la Bible à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg en Suisse recevra jeudi à l’Université Ben-Gurion à Beerscheba (sud d’Israël) le Prix «Irene Levi-Sala Prize in the Archaeology of Israël».

Le Prix, doté de 10’000 dollars, est décerné tous les deux ans pour des publications scientifiques exceptionnelles sur l’archéologie de Palestine et d’Israël. Othmar Keel, actuellement professeur invité à l’Université Humbold de Berlin, est lauréat du Prix de l’Université Ben-Gurion pour les deux tomes publiés en 1995 et 1997 de son monumental «Corpus des sceaux-amulettes de Palestine/Israël». Cette œuvre est le fruit d’un projet de recherche mené depuis 20 ans à l’Institut biblique de Fribourg qui a pour objectif de rassembler et d’étudier des milliers de sceaux et d’amulettes. Ces objets ont été retrouvés depuis plus d’un siècle en Terre Sainte et leur analyse est particulièrement importante pour comprendre l’histoire religieuse de Canaan et d’Israël.

Interrogé par l’agence APIC, Christoph Uehlinger, maître-assistant à l’Institut biblique de l’Université de Fribourg, estime que «l’originalité de la démarche du professeur Keel valorise des objets considérés souvent comme mineurs en archéologie. Ces objets permettent pourtant de mieux connaître l’histoire de la conception religieuse de la région concernée. On valorise d’abord des objets qui contiennent des images alors que l’on travaille habituellement sur des textes. Autre originalité: Etant donné que ces objets se retrouvent non seulement dans les territoires de l’Ancien Israël et Juda, mais dans toute la Palestine, y compris en Transjordanie, cette approche permet de mieux comprendre la parenté de la religion biblique avec les autres religions environnantes. On peut y décerner un aspect théologique important. Car la Bible, surtout dans les textes plus récents, insiste beaucoup sur la question de la différence de la religion d’Israël par rapport aux religions dites ’paiennes’. L’étude de l’archéologie et de ces objets montre combien la religion d’Israël est aussi redevable de ses racines «cananéennes».

Une première mise en valeur des travaux du professeur Keel a été réalisée par la publication du livre «Göttinnen, Götter und Gottessymbole» (Déesses, dieux et leurs symboles) qui en est à sa quatrième réédition et qui sera prochainement traduit en anglais et en français. (apic/com/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!