Fribourg: Evénement oecuménique à l’Université de Fribourg (251193)

La «Concordance de la Bible TOB» sort de presse

Un instrument utile pour les exégètes et les théologiens

Fribourg, 25novembre(APIC) L’Université de Fribourg vient de vivre une

manifestation académique et oecuménique d’importance dans le domaine de

l’étude de la Bible: la sortie de presse de «la Concordance biblique» en

langue française qui fait explicitement référence aux langues originales de

la Bible. A cette occasion, le Père dominicain Adrien Schenker, titulaire

de la chaire d’Ancien Testament à l’Université, a présenté une conférence

«sur l’histoire des concordances bibliques».

La Concordance biblique indique pour chaque terme français les divers

équivalents hébreux, araméens et grecs des deux Testaments qui sont dans

les textes originaux. Pour le théologien et l’exégète, il s’agit d’un instrument de travail fort utile. Il est aussi un complément à la traduction

oecuménique de la Bible (TOB) dont la deuxième édition revue en 1988 avait

été marquée par un service oecuménique à la cathédrale Saint-Pierre, à Genève, en présence de toutes les communautés chrétiennes de la ville ainsi

que du Grand Rabbin.

La manifestation organisée à la salle du Sénat de l’Université de Fribourg a voulu aussi manifester le caractère oecuménique de cette sortie de

presse de la «Concordance biblique». C’est ainsi que le professeur Samuel

Amsler, le chanoine Georges Bavaud et le pasteur Jean-Claude Dony ont remis

solennellement un exemplaire de la Concordance de la Bible TOB au recteur

de l’Université, Hans Meier, à Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève

et Fribourg, à Pierre Lederet, président du Conseil synodal de l’Eglise réformée de Fribourg, à Noël Ruffieux, président de la communauté orthodoxe

de Fribourg, à Alain Pilecki, représentant des communautés évangéliques et

Emmanuel Layani, rabbin de la communauté israélite de Fribourg.

Le pasteur Jean-Claude Dony, gérant du fonds TOB, a rappelé les circonstances oecuméniques dans lesquelles est né, en 1984, cet instrument

d’analyse biblique. Se félicitant de la collaboration entre exégètes catholiques et protestants, il a déploré l’absence des orthodoxes dans cette

entreprise. Et de lancer un appel: «Il faudrait encore élargir notre oecuménisme pour en faire un oecuménisme de tous les fidèles de la religion des

livres du Dieu amour».

Une aventure qui remonte haut dans l’histoire

Le professseur Adrien Schenker a présenté, à l’occasion de la cérémonie,

une conférence sur l’histoire des concordances: Les plus anciennes, a-t-il

affirmé, sont les concordances latines datant du 13e siècle. Très tôt, on a

constitué des listes alphabétiques de mots bibliques, certaines accompagnées de gloses. Mais les véritables précurseurs étaient certainement les listes de noms bibliques établies par Eusèbe de Césarée au 4e siècle et traduites par saint Jérôme. Le professeur Schenker a ensuite, entre autres,

évoqué la concordance de 10’000 mots, d’ Hugues de Saint-Cher, achevée en

1235: «La tradition rapporte que 500 frères travaillaient sous sa direction

à réaliser la concordance. Dans les reliures de livres du couvent SaintJacques ä Paris, on a trouvé des feuilles qui ont servi d’ébauches et de

préparations à l’édition de la concordance».

Le Père dominicain a parlé aussi de la genèse des concordances hébraïques, importantes pour connaître l’origine, la racine des mots employés par

les auteurs des textes de la Bible. «Les copistes et massorètes juifs qui

veillaient à la fidèle transcription de l’Ecriture disposaient d’un instrument de travail analogue, dans une certaine mesure aux concordances.

C’était la ’massore’. Ce terme signifie tradition, c’est-à-dire en ce domaine précis de l’Ecriture, la tradition de toutes les connaissances concernant la Bible, comme l’ordre des livres, l’orthographe des mots, la

ponctuation des clauses, la présentation des pages, les notes en marge du

texte appelés ’qeré’, les divisions et les sections du texte biblique.

C’était un savoir complexe, appris par coeur et transmis oralement».

La Bible et l’électronique

Les participants à cette manifestation oecuménique ont aussi été captivés par une présentation informatisée du travail du Centre informatique et

Bible (CIB) de l’Abbaye de Maredsous, en Belgique, qui s’apprête à livrer

une version sur disquettes de cette concordance. Le Père bénédictin Ferdinand Poswick, membre du CIB, a relevé que l’informatique permet des recherches multiples instantanées, une mise à jour permanente et ceci pour un

moindre coût. Il a dit aussi sa satisfaction de voir la Bible évangéliser

«ces nouveaux continents» que sont le monde de l’électronique et de l’informatique»: «Je suis très heureux que 25 ans après l’arrivée de l’informatique, il soit possible d’insérer la parole de Dieu dans le tissu de cette

nouvelle culture». (apic/com/spp/ba)

La «Concordance de la Bible TOB» , 1280 pages, Editions du Cerf et Société

biblique française, Paris, 1993. 310 fr.s.

25 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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