Un des textes les plus féconds du pontificat de Jean Paul II

Fribourg: F.-X. Putallaz envoyé par les évêques suisses aux 10 ans d’Evangelium vitae

Fribourg, 16 décembre 2005 (Apic) Le Valaisan François-Xavier Putallaz a représenté la Conférence des évêques suisses (CES) lors d’un récent colloque à Rome pour les dix ans de l’encyclique «Evangelium vitae». Ce texte publié en 1995 est l’un des «plus immédiatement féconds du pontificat de Jean Paul II», affirme le philosophe.

C’est en tant que membre de la commission «Bioéthique» de la CES que François-Xavier Putallaz, maître d’études et de recherche à l’Université de Fribourg, s’est rendu du 17 au 19 novembre 2005 à l’Université pontificale du Latran à Rome. Ce colloque a réuni quelque 500 spécialistes sous l’égide de «l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille», et de «l’Académie pontificale pour la vie». Mgr Elio Sgreccia et Livio Melina en ont été les chevilles ouvrières.

François-Xavier Putallaz a rédigé un compte-rendu de cette importante rencontre, diffusé le 16 décembre par la CES. Le philosophe valaisan se monte fermement convaincu par Evangelium vitae, soulignant que «certains n’hésitent pas à comparer son influence à celle de Rerum novarum, la grande encyclique sociale de Léon XIII». «Notre monde libertaire, profondément meurtri par les graves agressions contre la vie humaine, avait urgemment besoin qu’un pape prophétique dessine plus clairement les grands piliers sur lesquels se construira l’avenir», affirme le philosophe valaisan. Il ressort de ce colloque un «constat troublant». «D’un côté, jamais le monde n’a été en possession d’un corps de doctrine aussi lumineux et aussi clair, un cadeau hors du commun, dont Evangelium vitae constitue la charte majeure. D’un autre côté, les témoignages d’agression à caractère scientifique et médical contre la vie humaine n’ont jamais été aussi alarmants».

Agressions contre la vie humaine

Lors du colloque, une professeur de Georgetown a rappelé qu’aux Etats-Unis, une grossesse sur cinq s’achève par un avortement. Par ailleurs, la recherche sur les cellules souches embryonnaires dans le monde a définitivement renoncé à se développer sur un terrain moral respectueux de la dignité humaine, et le diagnostic préimplantatoire est aux portes de la Suisse. Depuis la tenue du colloque, les Chambres fédérales ont même accepté, le 13 décembre, de lancer les travaux en vue d´autoriser le diagnostic préimplantatoire.

François-Xavier Putallaz cite plusieurs urgences face aux défis actuels soulevées durant le colloque: «Urgence d’abord de construire un lien entre la science, l’éthique et l’Evangile de la vie: c’est le rôle de l’épistémologie. Urgence ensuite d’une formation solide: à commencer par les croyants eux-mêmes, les catholiques souvent mal informés des enjeux réels de la bioéthique. Dans ce sens, la formation globale de la personne s’avère indispensable: c’est le rôle de l’anthropologie. Urgence enfin de laisser rayonner cet évangile pour transformer profondément la culture et promouvoir une véritable civilisation de l’amour: c’est la mission de tous.»

«L’augmentation inquiétante des attentats contre la vie et la mainmise croissante d’une culture de la mort dans nos sociétés invitent à adopter une stratégie courageuse pour construire une nouvelle culture de la vie, qui associe les penseurs et les témoins chrétiens, en dialogue avec tous les hommes de bonne volonté», lance le professeur de philosophie. Celui-ci prône «une formation sérieuse des spécialistes, généticiens et médecins, appelés à découvrir la vérité sur l’homme», ainsi qu’une «formation intégrale des fidèles catholiques». «C’est, enfin, au coeur du sanctuaire de la famille, que mûrissent les nouvelles espérances», lance-t-il. (apic/com/bb)

16 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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