Pertes financières invoquées
Fribourg: Immensee décide de cesser la publication de la revue BETHLEEM
Fribourg, 3 octobre 2005 (Apic) La revue BETHLEEM à Fribourg, éditée par la Mission Bethléem Immensee (MBI), cessera de paraître à la fin de l’année, après 110 ans de bons et loyaux services. Des raisons financières sont évoquées par le siège de la MBI à Immensee, dans le canton de Schwytz.
Le déficit prévu pour 2006 de cette revue mensuelle qui tire à 4’000 exemplaires est de 140’000 francs, soit pratiquement à la même hauteur que les années précédentes.
Engagés à 80%, la rédactrice en chef Geneviève de Simone-Cornet, ainsi que Maurice Page, directeur du Centre régional de la MBI à Fribourg et occupé à la revue entre 30 et 40%, perdent leur emploi à la fin de l’année. Un plan social est prévu et trois mois de salaires sont assurés en 2006. Deux autres personnes, engagées à 40% (recrutement des volontaires et bureau des bienfaiteurs) voient leur engagement maintenu. Cinq pères, un frère membres de la Société missionnaire de Bethléem (SMB) ainsi qu’un candidat, pour une partie encore actifs à l’extérieur, restent au Centre régional de Fribourg.
Amertume à Fribourg
«La question est de savoir comment va s’organiser la suite du Centre régional après notre départ, car on n’a pas mesuré l’impact de la fermeture de la revue en Suisse romande», a confié lundi Maurice Page à l’Apic. Fondée en 1896, BETHLEEM va disparaître après 110 ans d’existence. «La décision a été prise brutalement et on n’a pas eu notre mot à dire», lâche le directeur du Centre romand de la MBI. L’amertume est en effet grande à Fribourg, où l’on regrette que l’on n’ait pas cherché des solutions alternatives, mais également au Tessin, où paraît la revue MONDOVIVO, le pendant en italien de BETHLEEM.
L’équipe de la revue tessinoise, qui tire à plus de 3’500 exemplaires – dont près de 500 distribués en Italie – a choisi de réaliser la revue en propre régie, sans le soutien financier de la MBI. Les rédacteurs qui vont continuer leurs tâches ne seront plus salariés. «Ce sera en grande partie du bénévolat, mais sans sacrifier le côté professionnel», assure pour sa part la directrice Sylva Lucia Nova. «Nous allons continuer dans le même esprit, mais avec un autre support financier, évidemment réduit», a-t-elle confié à l’Apic.
Recul du nombre d’abonnnés
Depuis plusieurs années, le revenu des abonnements ne suffisait plus à couvrir les coûts de production et de diffusion de la revue, justifie la MBI. Depuis dix ans déjà, BETHLEEM avait tenté par divers changements d’être plus attractive pour gagner de nouveaux lecteurs. «Ces améliorations n’ont malheureusement pas réussi à stopper le recul du nombre d’abonnés».
Au cours des dernières années, des mesures ont été prises en outre pour réduire les frais de publication de BETHLEEM. Ainsi il y a deux ans, le nombre de parutions annuelles avait été diminué à neuf et une réduction des coûts de rédaction et d’impression avait été opérée. «Cela n’a cependant pas suffi à équilibrer les comptes», note la MBI à Immensee. Cette évolution n’est pas spécifique à BETHLEEM, mais touche l’ensemble de la presse écrite en Suisse, même profane. «Elle nous conduit à devoir prendre la pénible décision de supprimer la revue». La revue WENDEKREIS, publiée en allemand et tirée à 21’000 exemplaires, qui perd également des abonnés, n’est par contre pas concernée.
Si la revue BETHLEEM disparaît sous sa forme actuelle, la MBI souhaite cependant maintenir un lien avec ses abonnés au moyen d’une publication écrite dont la forme reste à définir. (apic/com/be)



