Une œuvre de pionnier dans l’Eglise, un laboratoire de l’unité

Fribourg: Institut d’Etudes Œcuméniques, 100 ans d’enseignement sur les Eglises orientales

Fribourg, 18 avril 1999 (APIC) Une brochette d’universitaires et d’ecclésiastiques des Eglises orthodoxes de Roumanie, de Bulgarie, de Grèce, de Russie, d’Europe occidentale, voire d’Inde, ont participé samedi, dans le cadre de l’Institut d’Etudes Œcuméniques, à la fête du centenaire de l’enseignement sur les Eglises orientales à l’Université de Fribourg. Une œuvre de pionnier dans l’Eglise catholique initiée dès le début du siècle par un professeur hors pair, le Prince Max de Saxe. Un travail œcuménique qualifié de «laboratoire de l’unité» par le patriarche roumain Teoctiste.

La connaissance approfondie des Eglises orientales apparaît plus que jamais nécessaire alors que le conflit des Balkans – en filigrane lors de la fête académique, où Rolf Fieguth, professeur de littératures slaves à Fribourg a explicitement relevé l’absence de la dimension serbe de l’orthodoxie – semble creuser de nouveaux fossés entre l’Occident et les pays de tradition orthodoxe.

La nécessaire purification des mémoires

Saluant le travail d’érudition et de critique des événements effectué dans le cadre académique, Mgr Pierre Duprey, jusqu’au mois dernier secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a relevé que la recherche universitaire est indispensable «pour éviter que l’on construise des mythes sur des bases bancales». «Ce qui a été fait à Fribourg dans ce cadre est au bénéfice de toute l’Eglise».

Faisant écho au prélat du Vatican, le professeur Vlassios Phidas, de l’Université d’Athènes, a demandé lui aussi que l’on «purifie les mémoires des Eglises de toute interprétation abusive des événements douloureux qui les ont séparées». Face au lourd héritage de l’histoire, V. Phidas a plaidé pour un renouvellement du dialogue entre orthodoxes et catholiques romains en prenant au sérieux l’invitation du pape, contenue dans l’encyclique «Ut unum sint», à repenser la fonction de la papauté dans la vie des Eglises d’Orient et d’Occident afin d’arriver à des convergences sur l’ecclésiologie. Il a demandé qu’à l’Université «l’on purifie l’enseignement donné dans nos Facultés afin de ne pas former la prochaine génération de la séparation».

Le professeur roumain Viorel Ionita, de la Conférence des Eglises européennes (KEK), a relevé qu’à cet égard, l’Institut œcuménique de l’Université de Fribourg est bien placé parce qu’il dispose du recul nécessaire pour l’histoire comparée entre différentes cultures et confessions, distance encore impossible sur place en Europe de l’Est. Lui aussi a appelé à «guérir les mémoires», car les différents groupes et confessions écrivent leur histoire de façon divergente, «quand ce n’est pas de façon antagoniste ou exclusive, comme c’est le cas dans les Balkans».

A l’instar d’autres intervenants, Mgr Duprey a repris les propos du métropolite Meliton de Chalcédoine disant que l’unité ne se fera pas dans un acte statique, ne sera pas le résultat d’une conversation abstraite entre spécialistes, mais sera un «élan vital» dans les deux Eglises qui arrivera à son accomplissement, c’est-à-dire à une même confession de foi, en respectant complètement les différences. Il a toutefois rappelé que la condition fondamentale pour tout dialogue œcuménique est la conversion du cœur et le renouveau spirituel de l’Eglise. (apic/be)

18 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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