Fribourg: L’Afrique et les femmes triomphent au Festival international de films de Fribourg

Le Regard d’Or du FIFF décerné à «La Nuit de la vérité»

Fribourg, 13 mars 2005 (Apic) L’Afrique et les femmes ont triomphé au Festival international de films de Fribourg (FIFF), dont la 19e édition s’est achevée dimanche 13 mars 2005. Le Grand Prix «Le Regard d’Or» du FIFF, d’un montant de 30’000 francs suisses (doté par l’Etat et la Ville de Fribourg), a en effet été décerné à l’unanimité à «La Nuit de la vérité», un film franco-burkinabé de la réalisatrice Fanta Régina Nacro.

Présidé par le producteur tunisien Hassen Daldoul, qui a remercié dimanche les organisateurs pour le mélange de joie et de sérénité qui a caractérisé cette semaine de festival, le Jury international a visionné 11 films sélectionnés provenant de divers horizons. Le Jury a estimé que «La Nuit de la vérité» est un film unique, qui puise dans les formes universelles de la tragédie pour traiter de l’indicible du «massacre», a-t- il souligné lors de la cérémonie organisée au Kaléidoscope des Entreprises Electriques Fribourgeoises EEF à Fribourg.

Le Prix spécial du Jury de Sfr. 5000.–, offert par la Société Suisse des Auteurs (SSA) et Suissimage, est revenu au film belgo-marocain «L’Enfant endormi», de la Marocaine Yasmine Kassari. C’était son premier long métrage. Grâce à l’inventivité de son scénario et de sa réalisation, ce film «déploie avec beauté, grâce et subtilité, la quête de liberté de deux jeunes femmes laissées à leur isolement».

La réalisatrice Y. Kassari, âgée de 35 ans, est également repartie avec le Prix du Jury FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique), qui a pour but de promouvoir le jeune cinéma. Sans compter qu’elle a également été distinguée par le Jury de la Fédération Internationale des Ciné Clubs (FICC), qui lui a décerné une mention spéciale. Le Jury international a de plus souhaité décerner lui aussi une mention spéciale au film malaisien «Mu» (Sanctuaire), réalisé par Ho Yuhang. Le Jury a été sensible à la prise de risque et à l’exigence dont le film procède pour exprimer «le mystère de l’espace intime».

Prix du Jury oecuménique à «La Vache à lait noire et blanche»

Le Prix du Jury oecuménique ainsi que le Prix «Don Quijote» de la FICC ont été décerné à «Yi Zhi Hua Naeniu» (La Vache à lait noire et blanche) du jeune réalisateur chinois Yang Jin. Le Prix du Jury oecuménique, présidé par Anne-Béatrice Schwab, est doté d’un montant de Sfr. 5000.– apportés par les oeuvres d’entraide «Action de Carême» et «Pain pour le Prochain». Il s’agit pour le Jury d’un film courageux, tourné avec très peu de moyens, qui est «minimaliste, austère, sans artifice aucun et à contre-courant».

Le Prix du mouvement des volontaires pour le développement E-CHANGER, doté de Sfr. 5’000.– et décerné par le Jury des Jeunes présidé par Laura Tejada Suter, ainsi que le Prix du public du même montant offert par la Direction du développement et de la Coopération (DDC), sont revenus à «Lakposhta ham parvaz mikonand» (Les Tortues volent aussi), de Bahman Ghobadi, (Iran/Irak). Ce film sort en Suisse romande le 16 mars. De plus, le Jury des Jeunes a attribué une mention spéciale à «Saratan» (Solstice d’été), d’Ernest Abdyjaparov (Allemagne/Kirghizistan).

Des films à voir sur les écrans de Suisse romande

Le Jury de la FICC reconnaît encore le film «This Charming Girl», du sud-coréen Lee Yoonki comme l’un des plus remarquables de ce Festival, et lui attribue une mention spéciale. C’est ex-aequo que le Prix du Documentaire revient à «Song Hwan», du réalisateur sud-coréen Kim Dongwon et à «Darwin’s Nightmare», de Hubert Sauper (France/Autriche/Belgique). Ce film sortira sur les écrans en Suisse romande le 23 mars.

Le Jury présidé par Raphaëlle Aellig a choisi de récompenser ces deux films à égalité – sur 13 en compétition – pour la force et la profondeur de l’engagement dont témoignent leurs auteurs. «Ce n’est pas un non choix, bien au contraire. Ces deux films explorent une situation politique et nous plongent – grâce à la relation établie avec les personnages – au coeur de la complexité humaine», a-t-elle insisté.

Rachel Brulhart, la directrice sortante qui quitte après quatre ans à la tête du FIFF, s’est réjouie que le public ait à nouveau répondu présent, malgré l’incendie accidentel du cinéma Corso, qui a privé le Festival de deux importantes salles de projection (à savoir plus de 8’000 places). «On est content, car on pensait perdre près de 20% de participation en raison de cet événement, mais finalement, grâce à la mise à disposition de la salle du Nouveau Monde, à Villars-sur-Glâne, la perte n’a été que de 10%», constate R. Brulhart.

Un peu moins d’entrées, en raison de l’incendie du Corso

Sur les quelque 28’000 entrées de l’année passée, les 25’000 de cette année, compte tenu des circonstances (notamment la suppression forcée de 40 séances publiques), sont tout de même un joli succès. Les salles du centre ville et de Bulle ont connu une hausse de fréquentation et la salle du Nouveau Monde a su trouver son public. Pour terminer cette semaine sur une note musicale et remercier le public de sa fidélité, le FIFF offre, lors d’une séance gratuite lundi 14 mars à 18h, le film «Mahaleo» de Cesar Paes et Raymond Rajaonarivelo (Madagascar/France).

«L’Enfant endormi» fait partie des quatre Films du Sud, dont le Festival acquiert les copies que distribue trigonfilm à travers la Suisse. Les autres Films du Sud sont «El Corazòn de Jesús» (Le Coeur de Jésus) de Marcos Loayza (Bolivie), «Shangkhonad», d’Abu Sayeed (Bangladesh), et «Touki Bouki», de Djibril Diop Mambety (Sénégal), visibles dans les salles helvétiques à partir du printemps. Notons que la 20e édition du Festival international de films de Fribourg aura lieu du 12 au 19 mars 2006. (apic/be)

13 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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